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Conjoncture

Bâtiment : recrutements et inquiétudes...

Mise en chantier
Alors que le secteur avait retrouvé la forme, la Fédération française du bâtiment s'inquiète de l'essoufflement des ventes de logements individuels, de l'entretien-rénovation et des mises en chantier. En cause, le rabotage des dispositifs incitatifs, tels que le Pinel et le PTZ...

Lors d'un point presse organisé le 11 juillet, la Fédération française du bâtiment (FFB) a publié les chiffres du secteur du bâtiment, en mettant l'accent sur les ventes de logement neuf pour alerter les pouvoirs publics sur la nécessité de maintenir les dispositifs d'aide à l'achat et à la rénovation.

Opération "15 000 bâtisseurs"

"L’activité reste dynamique, avec un impact immédiat sur l’emploi", a introduit Jacques Chanut, le président de la FFB. L'organisation prévoit pour 2018 une croissance en volume de 9,6 %, qui irait de pair avec la création de 30 000 postes, dont 20 000 en CDI et 10 000 en intérim ou contrats courts. L'an dernier, le secteur du bâtiment a généré 26 800 emplois supplémentaires.

Dans un contexte encore favorable à la création d'emplois, la FFB souhaite s'investir davantage. A ce titre, l'organisation enclenchera prochainement une campagne d'embauche massive. Baptisée Opération 15 000 bâtisseurs, elle vise à inciter les entreprises du BTP à proposer 15 000 contrats de travail - "et non des stages", dixit Jacques Chanut - à des jeunes et des demandeurs d'emploi, "prioritairement issus des quartiers de la politique de la ville". "Nous voulons aussi être actifs sur l’intégration des migrants", a annoncé le président de la fédération. "Plusieurs centaines" d'exilés pourraient ainsi se voir proposer un contrat dans le cadre de cette campagne de recrutement (le détail sera connu à la rentrée).

Ventes de logements neufs : la dégringolade

Malgré les perspectives positives pour l'emploi, le tableau est loin d'être idyllique. Les ventes dans le neuf ont nettement reculé au premier trimestre 2018 (par rapport au T1 2017) : -5,1 %. Les données de la FPI indiquent un repli, brutal, des ventes en bloc : -19,3 %. Les ventes en détail baissent, elles, de 11,4 % chez les accédants et de 7,4 % chez les investisseurs... Et dans l'individuel diffus, la baisse s'établit à 14,3 % en glissement annuel (janvier à mai 2018 par rapport à janvier-mai 2017).

Corolaire de cette chute vertigineuse : les baisses respectives, sur la même période, du nombre de permis de construire (-1,8 %) et des mises en chantier (-4,3 %). 

Défendre les piliers : PTZ, Pinel... 

Si la hausse des prix du neuf explique en partie la baisse des ventes, la FFB attire l'attention sur l'impact des mesures prises fin 2017 dans le cadre de la Loi de finances 2018 : resserrement du dispositif Pinel et du PTZ, suppression de l'APL accession...

"Le retournement dans le neuf est dû à la suppression et au rabotage des aides à la solvabilité des ménages", a insisté Jacques Chanut. Ce dernier a ainsi chiffré : "la suppression des APL explique 40% de la baisse des ventes chez les particuliers, le rabotage du PTZ plus de 45 %".

A ce rythme, la FFB craint un renversement de conjoncture dans un délai de "6 à 8 mois".  "Fin 2019, nous pourrions commencera à ressentir le retournement", a ainsi alerté Jacques Chanut. 

Flou artistique...

A ce tableau déjà craintif s'ajoutent plusieurs ombres. Premièrement, la prise en compte pour le calcul du déficit foncier, dans le cadre du prélèvement à la source, de seulement 50 % des travaux réalisés en 2018 et 2019. Un mécanisme qui va entrainer le report des chantiers non urgents à 2020...

Par ailleurs, la transformation du CITE en "Prime Hulot" à compter de 2019, laisse craindre une baisse de l'aide. A ce sujet, la FFB "attend des précisions avec beaucoup d’inquiétudes". 

Autre terrain de bataille : la TVA à taux réduit, "présentée de façon fallacieuse par certains", a estimé Jacques Chanut. "Aux dernières nouvelles, la TVA reste un impôt et non une aide aux entreprises", a-t-il ironisé. Le dispositif "bénéficie aux clients du bâtiment", car la baisse de TVA "va directement dans leur poche", a rappelé le président de la FFB. En outre, estime l'organisation, la TVA à taux réduit permet chaque année de maintenir "37 000 emplois" et de générer "entre 2 et 3 milliards d’euros de chiffre d'affaires supplémentaires".

Sur tous ces chantiers, la FFB attend du gouvernement qu'il actionne les leviers nécessaires, notamment en "faisant le bon choix entre la voie qui conduit au paradis ou celle qui mène aux enfers" dans sa construction de la Loi de Finances pour 2019.

==> Communiqué de la FFB sur sa note de conjoncture à consulter en ligne.

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