COP 2020-2022

Bercy à l'écoute des Chambres de métiers et de l'artisanat

Le 17/01/2020
par Samira Hamiche
Le 14 janvier dernier, lors de la présentation de la feuille de route 2020-2022 du réseau des CMA, la secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances Agnès Pannier-Runacher a réitéré son soutien aux artisans et appelé les CMA à renforcer leur accompagnement.
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Presque trois mois jour pour jour après le lancement de la Stratégie nationale pour l'artisanat et le commerce de proximité, Agnès Pannier-Runacher a renouvelé son "soutien indéfectible" aux artisans, le 14 janvier dernier. La secrétaire d'Etat auprès du ministre de l'Economie et des Finances intervenait dans le cadre de la signature du Contrat d'objectifs et de performance (COP) 2020-2022, réalisée en présence des présidents de Chambres de métiers et de l'artisanat (CMA), réunis en Assemblée générale à Paris, dans les locaux de CMA France

Un climat social incertain

Dans son discours introductif, le président de CMA France, Bernard Stalter, a évoqué avec éloquence les multiples problématiques de fond des artisans. Désertification des commerces de proximité au profit des grandes plateformes, abus du statut de micro-entrepreneur, valorisation de l'apprentissage, stage de préparation à l'installation facultatif, morosité sociale consécutive aux mouvement des Gilets jaunes et des récentes grèves...

"Nous sommes confrontés à ce paradoxe. Je parle de paradoxe car on se rend compte d'une véritable dualité entre d'un côté, une volonté de consommer responsable, local, made in France. Et de l'autre, nous constatons un recours aux produits à bas prix, réalisés à l'autre bout du monde", a fait remarquer Bernard Stalter.  Faire revenir les consommateurs dans les centres-villes implique de "promouvoir la proximité", "en réservant des locaux aux activités artisanales dans les projets de centres-villes et de zones commerciales, avec des loyers modérés", a ainsi raisonné le président de CMA France.

"Il est vital que vous nous donniez de sécurité. De la sécurité et de la visibilité."

Bernard Stalter

Aider les artisans à "se concentrer sur leur coeur de métier" 

"L'Artisanat est une économie solide, les artisans sont donc naturellement une priorité économique", a posé la secrétaire d'Etat, saluant le travail de concertation mené avec les représentants des CMA ces derniers mois et "la méthode de terrain" employée. Agnès Pannier-Runacher a également souligné la capacité du réseau consulaire à déployer des programmes solides, "duplicables" à l'échelle nationale, à l'instar de "ceux présentés lors du 1er Forum des Initiatives"... Référence au florilège de 45 dispositifs et offres de services déployés par les CMA, présenté en juin dernier.

"Votre mission est de faire en sorte que les artisans se concentrent sur leur coeur de métier et sur les défis de demain (...) Le réseau des CMA doit pouvoir aller au devant des nouvelles entreprises, accompagner repreneurs et créateurs de tous horizons", a développé la secrétaire d'Etat. Les CMA sont notamment attendues sur l'aide au choix du bon régime : un "enjeu fiscalo-social", a-t-elle insisté, incitant les chambres à mieux faire connaître l'EIRL. Au passage, la secrétaire d'Etat a pris acte des limites de la micro-entreprise, assurant le renforcement futur des contrôles. 

"La micro-entreprise a donné une coloration entrepreneuriale à notre pays. Toutefois, il ne faut pas se limiter à donner un micro-travail..."

De son côté, le ministère de l'Economie et des Finances promet un renforcement de la simplification administrative... "L’administration ne doit pas être une institution froide ; nous allons travailler à reformuler courriers et formulaires pour les simplifier, être plus proches des chefs d’entreprise". Exemple avec l'accord d'intéressement : Bercy promet une simplification de l’accord-type, jugé trop complexe, d'ici le 30 juin 2020.

Offre de service personnalisée 

Si pour les CMA, la fin du caractère obligatoire du Stage préalable à l'installation (SPI) est une mesure dangereuse pour la pérennité des entreprises artisanales, Bercy reste intangible : "il ne s’agit nullement de remettre en cause son utilité (...) il vous faudra accompagner sur des mises à niveau, des sujets précis", a pondéré la secrétaire d'Etat. 

Autre attente des artisans : l'aide financière. Les prêts de croissance, prêts flash TPE PME et financements spécifiques de BpiFrance seront mis à contribution pour épauler les professionnels. Ces derniers peuvent d'ores et déjà prétendre à des aides de financement de l"immatériel" : de quoi satisfaire les besoins de transformation digitale des artisans, quel que soit leur niveau de maturité numérique.


"Le numérique permet de réduire le temps passé en formation. La géolocalistaion et le référencement permettent d’atteindre une clientèle auparavant inaccessible."

"Les CMA ont une connaissance fine des territoires. On est en train de redécouvrir combien c’est important…"  Fortes de leur ancrage territorial, les CMA seront toutes régionalisées au 1er janvier 2021. Les structures départementales, proches des artisans, seront évidemment maintenues. "Un ancrage essentiel", a insisté la secrétaire d'Etat. "La taxe pour frais de chambres sera répartie par CMA France, et le plafond de taxe de 200 millions d’euros sera maintenu". 

>> Lire aussi : Cap sur l'Artisanat 2022

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