Micro-brasseurs

Défendre leur statut d'artisan

Le 13/09/2016
par Barbara Colas
Face à l’industrie de la bière, les micro-brasseurs auparavant représentés par les Brasseurs de France ont choisi de créer leur syndicat. De plus en plus nombreux, ils plébiscitent une meilleure reconnaissance de leur statut d’artisan. Petit aperçu de leurs projets et de leurs attentes avec le président du Syndicat national des brasseurs indépendants.
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Jean-François Drouin, président du syndicat national des brasseurs indépendantsJean-François Drouin, président du syndicat national des brasseurs indépendants.

"Small is beautiful"

Les micro-brasseurs ne représentent que 4% des volumes de bière produit en France, mais 95% des sites brassicoles. "Une grande partie des artisans brasseurs français ne se reconnaissaient pas dans l’association des Brasseurs de France", aux côtés de gros industriels. J’étais représentant des brasseurs "artisans" et ils n’ont pas voulu de "small is beautiful", explique Jean-François Drouin, président du syndicat national des brasseurs indépendants.

Les micro-brasseurs ont réfléchi à la meilleure façon de défendre leurs intérêts et le dépôt des statuts du syndicat a été effectué le 10 juin 2016. "Il nous fallait une entité à part pour représenter les petits brasseurs indépendants, qui ne produisent pas plus de 200 000 hectolitres par an. Nous sommes à 98% des artisans, avec 2% de restaurateurs et agriculteurs. Désormais nous allons pouvoir assurer notre indépendance financière et économique". Avec cette nouvelle entité, l’Association des Brasseurs de France perd "la représentativité unique de la branche".

Un label Artisan Brasseur

L’objectif de ce syndicat est de se positionner comme garant de la notion d’artisan brasseur. "Nous sommes la seule force motrice du secteur, donc il nous faut construire tout en étant vigilants."

Un des projets est la mise en place d’un label "Artisan Brasseur Français". "Ce sera un label qualitatif. Par exemple, on vous propose un produit exempt de conservateur. Il y a une vraie guerre de communication à mener car les industriels ont tendance, à tort, à s’octroyer le titre d’artisan brasseur. Nous devons nous défendre et permettre au consommateur de faire la différence. » La mise en place d’un tel label va de pair avec un volet communication : "Nous devons travailler sur la segmentation, l’appellation des types de bières que l’on produit dans les terroirs, changer notre image et montrer notre exigence de qualité".

En parallèle, Jean-François Drouin souhaite développer la formation pour tirer les produits et les compétences des artisans vers le haut. "Mais il s’agit également de s’adresser à toutes les personnes qui souhaitent s’installer."

"Nous devons travailler sur la segmentation, l’appellation des types de bières que l’on produit dans les terroirs, changer notre image et montrer notre exigence de qualité".

Un marché en développement

En effet, le métier se développe : "il se crée à peu près une brasserie tous les deux jours. Pour ma part, je me suis installé il y a 15 ans pour faire revivre la tradition, le patrimoine et je n’imaginais pas un tel engouement. Nos clients veulent des bières locales qui ont du goût". Alors que la demande est forte et que l’on parle même "d’accords entre mets et bières", le réseau doit se structurer. "Nous voulons proposer des informations juridiques, des précisions sur la réglementation de notre métier. Il s’agit aussi de créer un réseau d’entraide technique, de partage de connaissances et d’expériences, en attendant que des formations officialisées se mettent en place".

Motivé, Jean-François Drouin communique auprès du public en organisant des visites au sein de sa brasserie : "On explique notre métier, notre passion, c’est sûrement la meilleure publicité qu’on puisse avoir".

brasseurs-independants.fr

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