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Ça fait débat

Gilets jaunes : points de vue croisés des acteurs de l'artisanat

Le 20/12/2018
par Propos recueillis par Sophie de Courtivron
Depuis plus d'un mois, le mouvement des Gilets jaunes affecte l'économie dans son ensemble et touche plus durement, encore, les petites entreprises artisanales. Décryptage du côté des Chambres de métiers et de l'artisanat...

Gérard Bobier, président de la CRMA Centre-Val-de-Loire

Des corps intérmédiaires nécessaires... "La baisse de clientèle a été une catastrophe pour plus de 80 % de nos artisans. J’ai envie de saluer les premières mesures annoncées mais il faudra bien assumer nos charges alors que nos chiffres d’affaires, eux, sont bel et bien perdus ; néanmoins, elles montrent qu’Emmanuel Macron, qui a une sainte horreur des corps intermédiaires, a compris qu’ils étaient nécessaires à la bonne régulation de la démocratie. Les Gilets jaunes sont incontrôlables, on n’en connaît pas les interlocuteurs, alors qu’avec les corps intermédiaires (syndicats, chambres professionnelles…), on sait à qui s’adresser. Nous prendrons toute notre part dans les discussions ; ne pas entendre les artisans serait une véritable erreur."

Joël Fourny, président de la Cmar Pays de la Loire

Nous avons déjà fait des propositions. "Dans notre région, il y a eu des mouvements, mais ils sont comparativement moindres qu’ailleurs. Tout le monde est d’accord pour condamner la violence ; il est très important de faire en sorte que les entreprises travaillent dans de bonnes conditions ! Nous avons fait des propositions pour accompagner les artisans dans la transition écologique sans nuire à la compétitivité de leurs entreprises, comme l’extension de l’éligibilité du "chèque énergie" aux entreprises artisanales, l’extension de la prime à la conversion avec participation des constructeurs, la mise en place d’un crédit d’impôt correspondant à 30 % du prix du véhicule "zéro émission" acheté, etc."

Serge Vidal, CRMA Auvergne-Rhône-Alpes

Il faut renouer avec la base ! "Au Puy-en-Velay, la préfecture de Haute-Loire a été incendiée. Nous n’étions pas habitués à de pareils faits. Nous ne pouvions imaginer qu’un mouvement pacifique au départ évolue ainsi. Cela a rejailli sur une partie de notre population qui a subi une perte énorme de chiffre d’affaires. Les ministres y sont allés chacun de leur refrain, mais quoi qu’il en soit, on peut considérer que le Gouvernement a ouvert la porte pour négocier. Il a fait un pas. Nous avons un contact permanent avec le terrain, ses besoins, ses réactions. C’est dans les territoires que ce mouvement a pris forme, et c’est dans les territoires que nous trouverons les solutions. Il faut renouer avec la base !"

Jean-Pierre Galvez, Cmar Paca

Nous avons pris des mesures. "Dès le début, nous avons écrit au préfet, aux acteurs économiques, organisé des réunions, mis en place une cellule de crise, activé un guichet unique pour identifier les problèmes des artisans impactés par le mouvement et les résoudre. Nous avons fait une enquête auprès de 60 000 artisans ; il en ressort qu’en dehors de la casse, leur trésorerie est mise à mal. Notre rôle est de faire l’intermédiaire. Nous encourageons les artisans à demander à bénéficier de notre diagnostic global d’entreprise (gratuit), qui a été adapté à la problématique actuelle : avec un expert, il s’agit de prendre la mesure des forces et faiblesses de l’entreprise et d’agir en conséquence (accélération des remboursements des assurances, etc.). L’artisan n’est ainsi pas seul face à ses interlocuteurs."

>> Lisez aussi notre article d'analyse.

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