Se connecter
National Actualités
Transmettre

Laulhère, la nouvelle vie du béret français

Rural et populaire avant-guerre, porté au firmament du style dans les années 60, le béret semblait destiné à incarner, pour toujours, l’essence du look français. Après un grand coup de mou qui a pourtant failli lui coûter la vie, le couvre-chef iconique a repris du galon avec la relance de Laulhère, dernière fabrique de bérets de France, par Rosabelle Forzy. Échange avec une trentenaire qui a glissé sa carte chance… sous son chapeau.

Le Monde des Artisans : Comment en êtes-vous arrivée à reprendre l’entreprise Laulhère ?
Rosabelle Forzy : Après dix ans dans l’informatique, je souhaitais faire quelque chose qui ait un peu plus "de sens". J’avais toujours été attirée par l’entreprenariat, l’artisanat. En 2012, j’ai regardé s’il n’y avait pas d’entreprise en dépôt de bilan à reprendre dans le Sud-Ouest, c’est ainsi que j’ai connu Laulhère (ex-Béatex, ndlr). Je suis tombée amoureuse de l’histoire de cette fabrique de bérets, la plus ancienne de France. Ça me semblait aberrant que l’on puisse laisser un produit aussi emblématique, et un savoir-faire vieux de 180 ans, se perdre pour toujours. Il fallait le transmettre, et décider d’une nouvelle stratégie, plus large, plus ouverte, qui pérennise l’activité dans le temps. Avec les 25 employés restés dans l’entreprise à Oloron-Sainte-Marie (Hautes-Pyrénées), et le rachat de la fabrique voisine, Blancq-Olibey, nous nous y sommes engagés.

LMA : Comment retravaille-t-on l’image du béret sans la dénaturer ?
R.F. : Nous avons voulu redonner de la couleur, une identité plurielle au béret, et le faire revenir dans la rue. Ce bonnet technique et réchauffant, initialement imaginé pour les bergers, est avant tout un objet pratique du quotidien : on peut le malmener, le rouler, le mettre dans son sac à main… Mais c’est aussi un objet de mode que chacun peut se réapproprier à sa façon et qui se colle à toutes les personnalités. L’idée était de retravailler le produit jusque dans les finitions, pour lui redonner ses lettres de noblesse. On a contacté des fournisseurs de confiance, et choisi de travailler avec des matières nobles issues de la production française. Grâce à cela, nous avons reçu les labels Entreprise du patrimoine vivant (EPV) et Origine France Garantie. Puis nous avons marketé le produit et l’avons rendu plus grand public, plus intergénérationnel.

LMA : Quels sont vos objectifs principaux pour l’entreprise ?
R.F. : Notre grand challenge est de montrer que le béret n’est pas un produit de consommation jetable, un achat de boutique de souvenir, mais le résultat d’un vrai savoir-faire qui, s’il est bien confectionné, aura une grande longévité. On compte une dizaine d’étapes de travail de la laine vierge mérinos : tricot, remaillage, teinture, grattage, bichonnage, broderie… Pour transmettre toutes ces compétences, nous veillons à mettre toujours en binôme un "ancien" de la maison, doté d’un véritable savoir-faire, et une personne en formation. 48 employés font aujourd’hui vivre l’entreprise. Stabiliser ces équipes reste notre objectif principal pour l’avenir, afin que nos métiers soient parfaitement transmis aux nouveaux apprentis.

 

Partager :

Fil infos

| 25/05 | 12:15 |
Jeunesse
| 24/05 | 12:00 |
Automobile
| 24/05 | 09:45 |
Loi alimentation
| 23/05 | 15:30 |
Formation professionnelle
| 22/05 | 16:45 |
Gironde