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Artisans Ambulanciers

Symptômes d’un corps malade

Président de la Fédération nationale des artisans ambulanciers depuis 1986, Jean-Claude Maksymiuk tire la sonnette d’alarme. Sa profession, le transport de malades, est aujourd’hui en souffrance.

"Notre métier a considérablement évolué au cours des cinq dernières décennies, se souvient Jean-Claude Maksymiuk, ambulancier depuis 1972. Les véhicules sanitaires légers (VSL) sont venus compléter le parc ambulancier, l’obtention d’un agrément préfectoral est devenue obligatoire, des formations ont été mises en place… Les entreprises se sont mises à la page." Pour le meilleur, pourrait-on initialement penser. Mais le tableau noircit rapidement. Au cours des dernières années, "la situation s’est dégradée". Tant et si bien qu’aujourd’hui, "c’est notre profession qui est malade", affirme le président de la FNAA (lire ci-dessous).

Repenser l’avenir

Si être ambulancier est une profession, c’est aussi et surtout une vocation. "Notre mission, c’est d’aller secourir les gens, de les transporter à l’hôpital. On est dévoués, jour et nuit, qu’il pleuve, qu’il neige, par amour pour les patients. Mais aujourd’hui beaucoup d’entre nous s’interrogent, face aux problèmes majeurs rencontrés." Les trois quarts des ambulanciers souffrent de difficultés financières. Nombre d’entre eux ont investi leurs biens personnels. "Et les banques, bien au fait de la situation, ne leur prêtent plus. Que vont-ils devenir ?"

Jean-Claude Maksymiuk appelle à la discussion. "À un moment, il faudra bien qu’un vrai dialogue avec les forces décisionnaires nous permette de repenser l’avenir de la profession. Aujourd’hui, aucune négociation n’est ouverte : nous sommes mis devant des faits accomplis. Faut-il que nous allions dans la rue ? Je ne suis pas pour. Je préfère le dialogue. Mais que faire quand celui-ci est inexistant ?"

Tour d’horizon des pathologies de la profession

Le diesel : "Le haro sur le diesel fait partie de ces modifications qui handicapent la profession. 80 % des ambulanciers conduisent en diesel, parfois avec des véhicules neufs achetés grâce à leurs fonds propres. Pour eux, que va-t-il se passer, par exemple à Paris où la fin du diesel est annoncée pour demain ?"

Les couloirs de bus : "Cela fait plus de dix ans que la profession demande une modification du Code de la route afin que les véhicules ambulanciers aient accès aux couloirs de bus dans les agglomérations. Mais rien ne change… Et les patients se tournent vers les taxis pour ne pas subir les problèmes de circulation."

La formation : "Aujourd’hui, on apprend que disposer d’un diplôme d’auxiliaire sanitaire n’est plus obligatoire pour conduire un VSL, et qu’un certificat de prévention de secours civique de niveau 1 suffit. Vraiment ? Il faut espérer qu’il n’arrivera jamais de problème !"

La concurrence (l’article 80 du PFSS 2017) : "La mise en concurrence par les centres hospitaliers de la prestation de transport sanitaire réduit celle-ci à des critères financiers. Et la qualité de prise en charge des patients dans tout ça ? De même, un appel d’offres se limite à cinq entreprises, lesquelles doivent exercer dans le périmètre proche de l’hôpital. Dans ces termes, que deviennent les ambulanciers implantés dans des zones retirées ?"

80  km/h : "La diminution annoncée de la vitesse obligatoire à 80 km/h pose un vrai problème pour notre métier. Au ratio, cela signifie travailler 50 minutes/jour de plus pour le même nombre de prises en charge – et le même salaire ! Sachant que nous attendons toujours la revalorisation de la garde ambulancière et des tarifs au kilomètre, tous deux obsolètes, cela commence à faire beaucoup…"

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