Commerce de proximité

TPE : pas de retour significatif à la croissance l'an dernier

Le 14/04/2017
par Samira Hamiche
D'après le dernier rapport de l'Observatoire des petites entreprises (FCGA-Banque Populaire), un peu moins d'1 TPE de l'artisanat et des petits commerces sur 2 a vu croître son chiffre d'affaires en 2016. La tendance est toutefois à l'amélioration.
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La clientèle qui revient au marché de proximité est attirée par des critères de qualité : belles vitrines, animation, conseils et partage d'expérience.

La Fédération des Centres de gestion agréés (FCGA) a présenté le 12 mars les conclusions du rapport annuel de l'Observatoire de la Petite Entreprise FCGA/Banque Populaire.

Portant sur un échantillon de 15 000 TPE (petits commerces et entreprises artisanales), cette analyse détaillée du chiffre d'affaires passe au crible 54 professions, dans 12 secteurs. Elle se base sur des données réelles (déclarations de TVA) et non sur des estimations, ce qui en fait un document de référence.

"Il y a une tendance générale à l'amélioration du chiffre d'affaires", estime Yves Marmont, président de la FCGA, pour qui "le ressaisissement constaté en 2015 se confirme en 2016 : le décrochage redouté n'a pas eu lieu". Pour autant, pondère-t-il, "la santé économique des petites entreprises du commerce et de l'artisanat demeure fragile", comme le montre l'indice moyen d'activité, qui stagne à -1,9% (-1,7% en 2015).

Dans ce climat de stagnation, seules 48% des entreprises sondées ont connu un accroissement de leur CA l'an dernier. Par ailleurs, depuis le second semestre 2016, les TPE sont confrontées à "l'effet présidentielle" : ralentissement des décisions d'achat des consommateurs, report des projets d'investissement.

Palmarès des secteurs

7 secteurs enregistrent une hausse de leur CA, après une année 2015 en négatif :

  • les services : +1,5% (-0,4%)
  • la vente et la réparation auto : +0,9% ( -2,8%)
  • les transports (ambulances, taxis) : +0,8% (-2,6%)
  • les entreprises de parcs et jardins : +0,6% (-1,6%)
  • la beauté-esthétique : +0,6% (-0,4%)
  • les cafés, hôtels et restaurants : +0,1% (-0,8%)
  • les métiers de la santé : +0,1% (-1,0%).

3 secteurs progressent sensiblement :

  • la culture et les loisirs : -0,1% (-2,1%)
  • le bâtiment : -2,1% (-2,7%)
  • les commerces de détail alimentaire : -0,4% (-0,8%)

==> L'artisanat du bâtiment a redressé la barre, sans pour autant renouer avec une franche croissance (aucun taux d'activité positif). Deux branches enregistrent un plus mauvais CA qu'en 2015 : la maçonnerie (-3,3%) et la plomberie-chauffage-sanitaire (-2,6%).

==> Bien qu'en léger recul par rapport à 2015, les commerces de détail alimentaire concentrent le plus de professions en positif (6 sur 9) : vins et spiritueux (+1,4%), fruits et légumes (+0,6%), poissonnerie-primeurs (+1,3%). Trois professions ont véritablement décollé : la crémerie-fromagerie (+1,3%), la charcuterie (+0,7%) et la pâtisserie (+0,5%). La boulangerie-pâtissierie (-0,5%), l'alimentation générale (-1,3%) et la boucherie-charcuterie (-1,5%) ont quant à eux limité leurs pertes, et restent confrontées aux difficultés de recrutement.

2 secteurs sont en recul :

  • l'équipement de la maison : -0,1% (-0,2%)
  • l'équipement de la personne : -3,8% (-3,4%)

Quelles branches tirent leur épingle du jeu ? 

Les boutiques d'électroménager-TV-hifi de proximité ont connu une progression spectaculaire de 5,8% (2015 : -2,7%). La vente de petit électroménager (robots culinaires, aspirateurs, centrifugeuses) en est le principal facteur.

Les commerces de cycle se sont eux aussi hissés (+2,5%), portés par la vente de vélos électriques (150 000 selon l'Ademe) et par un regain d'intérêt pour les modes de transports propres et le "made in France" (1970 entreprises françaises sont spécialisées dans la vente et répartion).

Malmenée par le marché des VTC, la branche taxis-ambulances reste fragilisée mais maintient le cap (+1,8%). 

Les clients qui reviennent au marché de proximité sont attirés par des critères qualitatifs : le conseil, le partage d'expérience, et le bel agencement des vitrines.

A l'inverse, les agences immobilières, les détaillants en chaussures et les studio photo sont dans le rouge (respectivement -7,1%, -5,5% et -4,7%). Les photographes se retrouvent dans cette situation pour la 3e année consécutive, une "crise historique" selon la FCGA, qui invite la profession à "revoir son modèle économique", en s'appuyant sur l'innovation et la diversification des services.

Perspectives 2017

La FCGA ne perçoit pas de franche reprise pour cette année (-0,5% en projection). La conjoncture économique reste stable et peu dynamique, et l'incertitude politique du second semestre 2017 risque de peser sur l'activité des TPE.

Dans le bâtiment, la reprise devrait toutefois se confirmer. Les autres secteurs, notamment l'alimentaire, pourraient être marqués par un retour à l'équilibre.

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