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Etude

Les travailleurs "uberisés" seraient plus fragiles

Le 15/01/2018
par lemondedesartisans.fr
UberisationDerrière le smartphone, il y a des travailleurs, en chair et en os...
Sujets à l'isolement et au sentiment d'insécurité professionnelle, transformés en exécutants, les travailleurs des plateformes de mise en relation sont plus exposés aux risques psychosociaux, montre une étude de l'INRS.

L'Institut national de recherche et de sécurité (INRS) a publié le 12 janvier les résultats de son étude portant sur les conséquences de la "plateformisation" (ou uberisation) sur la santé des travailleurs à l'horizon 2027. Quelque 200 000 travailleurs seraient concernés en France, dans les secteurs de la livraison, du bâtiment ou encore de l'aide à domicile. 

A travers plusieurs travaux de prospective, l'institut pointe du doigt deux principaux facteurs de risque : l'isolement (manque ou absence de contact avec des collègues) et la faible autonomie induite par l'exécution de tâches standardisées et fixées par des algorithmes. 

Un modèle contre-productif

Dans le cadre de ces travaux, l'INRS a élaboré quatre scenarii d'expansion des plateformes. Il en ressort que le travailleur, du fait de son sentiment d'insécurité professionnelle (manque de lien avec des collègues et une hiérarchie) et de son manque de marge de manoeuvre, n'arrive plus, à terme, à faire preuve d'innovation. Le tout engendre une perte de sens, préjudiciable pour la santé des travailleurs et pour leur efficacité. 

Les relations étant individuelles, les travailleurs indépendants des plateformes sont privés de soutien social et peinent à se fédérer. Dès lors, ils ne bénéficient pas de l'effet protecteur du groupe contre le stress, par exemple.

Améliorer "l'expérience travailleur"

Pour toutes ces raisons, l'INRS recommande aux plateformes de s'intéresser plus sérieusement à l'amélioration de "l'expérience travailleur", plutôt que de se focaliser sur "l'expérience client".

L'idée serait ainsi de revoir leur modèle pour se rapprocher d'un management plus humain. L'institut suggère par exemple aux plateformes d'exploiter leurs outils de dialogue instantané avec les prestataires pour faire de la prévention santé, organiser des formations collectives, ou intégrer aux algorithmes une dimension de prévention des risques.

L'INRS incite donc les gérants de plateformes à intégrer le plus tôt possible un volet "gestion des risques de santé-sécurité" dans leur organisation. "Cela va devenir un élément de compétitivité pour elles, dans la mesure où la fidélisation des travailleurs sera un enjeu pour pouvoir garantir une qualité de prestation de services à leurs clients", note Marc Malenfer, chargé de mission à l'INRS.

Trouver le juste équilibre

L'INRS note toutefois des perspectives plus positives. Dans le second oeuvre du bâtiment et l'artisanat en général, la plateformisation "permet aux artisans de se concentrer sur leur coeur de métier", pondère Marc Malenfer.

Aide à la planification, à l'organisation des chantiers ou au contact avec les clients, les plateformes permettront en outre, à terme, de mutualiser les outils et les énergies...

Consulter les travaux de l'INRS

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