Serrurier métallier

Un métier porteur en quête de notoriété

Le 11/09/2017
par Isabelle Flayeux
Faisant à la fois appel à des qualités de concepteur et d’exécutant, le métier d’artisan serrurier métallier est complet et peu concurrencé. Proche des clients, le serrurier métallier s’attache à évoluer techniquement et commercialement pour apporter un service pertinent et de qualité. La diversité des tâches et des prestations ainsi qu’une réelle reprise des embauches ne suffisent pourtant pas à combler les difficultés de recrutement.
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"Au terme de serrurier ancestralement usité, et trop restrictif, a été adjoint voilà quelques dizaines d’années celui de métallier, qui élargit le champ des travaux, explique Jean-Pierre Gutel, président de la Chambre professionnelle de métallerie et serrurerie du Grand Paris, affiliée à l’Union des métalliers de la Fédération Française du Bâtiment (FFB). Le serrurier métallier est celui qui conçoit, fabrique et pose des ouvrages métalliques pour le bâtiment."

La métallerie couvre cinq secteurs d’activité : la métallerie traditionnelle, la construction métallique, la menuiserie métallique, l’agencement décoration et la ferronnerie.

Rebond des embauches

La filière reste peu connue du grand public et peine à attirer les jeunes malgré la variété des travaux et les perspectives d’évolution offertes par la profession.

« La diversité des ouvrages réalisés et des matériaux utilisés (acier, laiton, aluminium, inox…) d’une part, la fabrication en atelier et la pose sur chantier d’autre part, en font un métier riche et ouvert aux plans de carrière. Et les débouchés sont là : depuis 2016, les embauches repartent à la hausse. »

Un large éventail de diplômes, du CAP au BTS, mène aux métiers de la métallerie. Une offre de formation continue est ouverte aux professionnels dans des domaines techniques et généralistes. Pour répondre à la demande des zones à forte densité urbaine, la Chambre professionnelle de métallerie et serrurerie du Grand Paris a développé en alternance sur quatre mois la formation « Serrurier de ville ».

"Pour révéler des vocations, l’Union des métalliers organise tous les deux ans le concours national "Métal jeunes" qui permet à des jeunes en formation d’exprimer leur talent, d’appliquer leurs connaissances tout en donnant libre cours à leur imagination", explique Jean-Pierre Gutel, président de la Chambre professionnelle de métallerie et serrurerie du Grand Paris.

À l’écoute du changement

Au fil des ans, le métier a évolué pour s’adapter, entre autres, aux technologies de contrôle d’accès et à la domotique. Sur le plan commercial, les artisans n’hésitent pas à mener une politique active pour mettre en avant leur professionnalisme et la qualité de leurs prestations auprès de la clientèle.

« Face à la concurrence des grandes surfaces de bricolage et des micro-entrepreneurs qui n’ont pas forcément la formation, les assurances et la qualification des entreprises, les serruriers métalliers prennent davantage conscience de la notion de service client, de l’importance de la réactivité et de l’atout proximité. »

Accessibles sur Internet, les plateformes numériques de travaux mobilisent actuellement l’attention des serruriers métalliers.

"Certains professionnels les perçoivent comme une nouvelle forme de concurrence. L’effet pervers est que les prix sont tirés vers le bas et qu’il est difficile de défendre sa prestation par un simple envoi de devis par mail. Nous apprenons à découvrir les mécanismes de ce nouveau commerce pour mieux travailler avec."

www.metal-pro.org

Les chiffres clés du secteur

  • Le secteur compte 17 000 entreprises et 64 500 employés.
  • Près de 85  % des entreprises ont entre 0 et 5 salariés.
  • Le chiffre d’affaires global (hors sous-traitance) s’élève à 7,5  milliards d’euros répartis sur l’ensemble des domaines d’activité.

Source : Union des métalliers (2015-2016).

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