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National Actualités
CONTRÔLE TECHNIQUE 2018

Beaucoup de bruit pour pas grand-chose

Le 12/06/2018
par Sophie de Courtivron
Après le 20  mai prochain, 131 points seront contrôlés, répartis en neuf fonctions (hors véhicules électriques, hybrides ou fonctionnant au gaz).
L’évolution du contrôle technique, en application le 20  mai 2018, fondée sur un nombre de défaillances relevées accrues, a suscité beaucoup de réactions et de craintes. La réalité est moins traumatisante qu’il n’y paraît.

Les véhicules sont de plus en plus sophistiqués : plus d’outils suppléent à l’action de l’homme et à son risque de défaillance : interdistance, ABS, airbag… Avec le "nouveau" contrôle technique, "l’objectif est de s’assurer que le véhicule est moins accidentogène par lui-même", pose Bernard Bourrier, PDG du réseau Autovision et président du métier du contrôle technique au CNPA*.

Ce qui change

Les défauts sont classés en trois catégories au lieu de deux auparavant : aux mineurs et majeurs s’ajoutent des défauts "critiques" (voir encadré). "Les mineurs ont été précisés, sans obligation de réparation. Les majeurs entraînent une obligation de réparation et la présentation du véhicule dans les deux mois. Les défauts critiques suspendent la validité du contrôle technique : dès le lendemain le véhicule est en défaut de contrôle technique", explique Bernard Bourrier. Et c’est là où des erreurs ont été relayées. Car "le contrôleur technique n’a aucune capacité pour retenir une carte grise ou immobiliser un véhicule ! Seules les forces de l’ordre peuvent exécuter ces sanctions administratives." En effet, si la police vous contrôle en train de rouler en défaut de contrôle technique, vous êtes passibles d’une amende de 135 euros et de l’immobilisation de votre véhicule. Comme avant.

Ce qui "gratte"

Selon Pierre-Olivier Cavey, directeur des études et des campagnes de la Ligue de défense des conducteurs, "il y a eu un lobbying très puissant des entreprises du contrôle technique auprès de la commission européenne". Car, à partir du 20 mai, harmonisation européenne oblige, le nombre de points contrôlés étant supérieur, les visites et contre-visites sont plus longues et donc plus chères (entre 10 et 15% d’augmentation). Pour Bernard Bourrier, c’est normal : "Nous envisageons d’environ 15 à 20% l’augmentation du temps nécessaire à la réalisation de la contre-visite. Mais chaque centre appliquera sa propre politique commerciale". Et de conseiller : "Si vous avez dix défauts mineurs, cinq majeurs et un critique, réparez celui-ci immédiatement et occupez-vous des majeurs dans les deux mois pour étaler les dépenses ». De toute façon, attention, "une panne coûte plus cher que la maintenance".

Pierre-Olivier Cavey souligne que "c’est aussi plus d’argent dans les caisses de l’État !" Et de suggérer qu’ "au lieu de sanctionner à tous crins, on pourrait mener une campagne d’information sur l’entretien du véhicule, or on ne le fait pas."

« Une panne coûte plus cher que la maintenance »,
Bernard Bourrier, président du métier du contrôle technique au CNPA

Les points positifs

"Le seul intérêt que je vois à cette mesure, c’est que les routes vont être débarrassées des quasi-épaves", note Pierre-Olivier Cavey. Bernard Bourrier insiste sur le cercle vertueux de la responsabilité de tous les acteurs : le titulaire de la carte grise, l’utilisateur du véhicule, la chaîne de maintenance, le contrôleur technique.

Cette "réforme de la maturité" du métier est selon lui très positive : "Il y a deux ans, les matériels se sont modernisés, on a changé la formation des personnels (bac pro dorénavant), les modes de travail, on optimise le contrôle technique". Les contrôleurs techniques sont prêts. L’automobiliste bénéficiera d’un contrôle mieux adapté à l’âge et au niveau d’équipement de son véhicule.

D’autres changements pendent au nez des conducteurs, comme le niveau d’acceptabilité des véhicules diesel (janvier 2019) ou encore la mesure de la présence d’oxydes d’azote (2022)…

* Conseil national des professions de l’automobile.

Points contrôlés : avant/après

Avant le 20  mai 2018, le contrôle technique vérifiait 123 points de contrôle, répartis en dix fonctions. Ils pouvaient donner lieu jusqu’à 409 défauts différents,
parmi lesquels près de la moitié entraînait une obligation de contre-visite à réaliser sous deux mois. Après le 20  mai 2018, 131 points seront contrôlés, répartis en neuf fonctions (hors véhicules électriques, hybrides ou fonctionnant au gaz). Il y a 139 défauts mineurs, 342 majeurs et 129 critiques. Soit 471 défauts qui entraînent une contre-visite dans les deux mois.

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