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Ventura Socks

La chaussette en tête de peloton

Jean-Paul Ventura a lancé son entreprise Ventura Socks en quelques mois seulement. Une référence mondiale aujourd'hui.
Rome ne s’est pas faite en un jour. Romilly non plus : le "berceau de la chaussette" a bâti sa réputation sur des siècles de savoir-faire en bonneterie. En 2010, l’empire s’effondre avec la liquidation d’Olympia. Jean-Paul Ventura, qui en a été l’un des directeurs, capitalise sur sa solide expérience et son carnet d’adresses pour créer Ventura Socks. Une référence aujourd’hui pour les dieux de la petite reine.

Une vie dans la chaussette

Quand il rentre "dans la chaussette" à 16 ans, plus qu’un nom, c’est un prénom que doit se faire Jean-Paul Ventura : "Mon père était un chef d’atelier très apprécié". À force d’abnégation, ce sportif aguerri, passionné d’aéronautique, va gravir tous les échelons chez des géants français comme Kindy puis Olympia, qui font alors la renommée mondiale de celle que l’on rebaptise à l’occasion "Romilly-les-Chaussettes" (Aube). Passé par la direction de la R&D puis de la diversification, celui qui assiste impuissant, en 2010, à la liquidation d’Olympia, ne se laisse pas abattre. Seul aux commandes de cinq machines (il en possède 36 aujourd’hui), soutenu par des clients historiques et grâce à son expérience et à des produits hypertechniques, il monte Ventura Socks en quelques mois seulement, dans un hôtel d’entreprises.

La conquête du monde

Pendant quatre ans, il ne démarche pas. Positionné sur les niches de marché à haute valeur ajoutée, le petit monde du textile haut de gamme se transmet la carte de visite de Jean-Paul Ventura, séduit par sa disponibilité et sa capacité d’adaptation. "Je ne transige pas sur la qualité des matières premières : cachemire, soie, carbone… Je fabrique des chaussettes durables !" Même s’il travaille principalement "à façon" pour des clients prestigieux comme le Coq sportif, l’entrepreneur, à la tête de douze salariés, ne boude pas son plaisir de "savoir que nos chaussettes voyagent dans le monde entier et même sur la lune". Thomas Pesquet avait glissé dans ses bagages des chaussettes polymérisées Ventura Socks lors de sa dernière mission !

Maillot jaune

Si les milieux de la mode et de la santé sont conquis par le confort et la solidité de ses produits, c’est dans le monde du cyclisme professionnel que Ventura Socks est devenue la référence absolue. Thomas Voeckler allant même jusqu’à affirmer qu’il n’avait "jamais porté de chaussettes comme ça de toute sa carrière". De 2010 à aujourd’hui, la part de chiffre d’affaires engendrée par le sport est passée de 3 à 65 % ! Un succès justifié par la haute technicité des produits, la diversification vers d’autres disciplines (foot, rugby, équitation…) et la capacité à s’adapter au plus grand nombre ("du prématuré dans sa couveuse au basketteur qui chausse du 53"). "Nous aimerions développer encore notre gamme surtout dans les EPI* et le running. Ce ne sont pas les idées qui manquent mais le temps et le financement !"

* Équipement de protection individuelle.

Facebook : Ventura Socks

Les valeurs de Jean-Paul Ventura

Dignité et éthique : "Je me bats contre les chaussettes achetées à bas coûts et estampillées "Made in France" en toute impunité. Pour me distinguer, mes produits sont étiquetés "Fabrication française"."

Engagement et transmission : "Je déplore qu’il n’y ait plus de formation aujourd’hui dans notre branche. Nous avons beaucoup
de mal à engager des bonnetiers ou des techniciens qualifiés."

Humilité et écoute : "C’est le terrain, le client, qui fait la promotion et la notoriété du produit. Quand vous faites de la qualité, les retours sont forcément positifs."

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