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Conjoncture

Les micro-entreprises en perte de vitesse

Conjoncture artisanat ISM MAAFEn 2016, le dynamisme entrepreneurial a été très marqué dans les secteurs de l'artisanat de service (taxis, transport de personnes, entreprises de nettoyage) et alimentaire (vente de plats à emporter, notamment).
Selon le dernier baromètre ISM-MAAF, les entreprises "traditionnelles" de l'artisanat ont connu un regain de vitalité en 2016. Dans le même temps, la dynamique de créations de micro-entreprises s'est vue, elle, ralentir. Autre enseignement de l'étude : les entreprises  artisanales continuent d'agir comme un "ascenseur social".

Les chiffres sont encourageants. Après une année 2015 marquée par une forte baisse des immatriculations d'entreprises artisanales (-14%), l'année 2016 a vu une stabilisation de l'activité dans le secteur, avec 154 000 créations (-1% par rapport à 2015). C'est ce que montrent les données du dernier Baromètre de l'Institut Supérieur des Métiers (ISM), élaboré en collaboration avec la MAAF

Fait marquant : pour la première fois depuis dix ans, ce sont les entreprises dites "traditionnelles" qui tirent leur épingle du jeu. Quelque 105 400 entreprises ont ainsi été créées sous un régime classique, soit 68% des créations totales (+10% par rapport à 2015).

Renversement de tendance

A l'inverse, le régime de la micro-entreprise a moins séduit les créateurs d'entreprises artisanales. Créé par la loi du 4 août 2008 de modernisation de l'économie, ce régime a permis de simplifier l'accès à l'entrepreneuriat, tout en restreignant ses avantages dans le temps.

L'étude souligne un net décrochage des immatriculations de micro-entrepreneurs depuis 2 ans. En 2016, "seules" 48 400 micro-entreprises ont été créées, soit 19% de moins qu'en 2016 : du jamais vu depuis la création du statut !

Les services et l'alimentation en tête 

Les chiffres sont sans équivoque : ce sont l'artisanat de service et de l'alimentation qui remportent la palme de la dynamique entrepreneuriale. 

Le nombre de créations est en hausse de 4% dans l'artisanat de service (47 000 entreprises). Cette embellie est portée principalement par les taxis et VTC et par les entreprises de nettoyage. Les créations progressent également dans l'alimentation, dopées par la vente de plats à emporter : + 5%, soit 12 600 entreprises créées.

 

Dans le secteur du bâtiment, les créations sont toujours en recul (58 000 entreprises ; - 5%). Après une année de forte baisse (- 19%), le secteur de la fabrication se stabilise (16 000 créations d'entreprises). 


Hors micro-entreprises, le taux de survie des entreprises artisanales 3 ans après le démarrage de l’activité est de 71 %. Il s'avère plus élevé dans les activités de fabrication (75 %) et de services (76 %).

 

L'entreprise unipersonnelle comme modèle

 

Ces entreprises artisanales restent de petites entités. En 2016, plus de 9 entreprises sur 10 (93%) ont été créées sans salariés. Ainsi, au-delà du statut de l'entreprise, c'est le modèle de l'entreprise unipersonnelle qui s'impose.

 

La hausse du nombre d'entreprises artisanales n'a donc pas fait décoller l'embauche. "Le nombre d’entreprises se créant avec des emplois salariés continue de baisser en valeur absolue : en 2006, 16 260 entreprises artisanales se créaient avec des emplois salariés ; ce nombre était ramené à 13 770 en 2011,10 530 en 2015 et 10 260 en 2016", précise Catherine   Elie,   directrice  des   études   et   du   développement  économique  de  l’ISM. 


Ascenseur promotionnel et voie de reconversion

Selon les données du baromètre, pour deux tiers environ des anciens salariés ou demandeurs d’emploi, créer son entreprise a permis une évolution professionnelle, après avoir acquis une expérience dans leur métier. Pour les autres, issus d’un autre univers professionnel, il s’agit d’une reconversion.

Parmi les anciens salariés, 74% étaient ouvriers ou employés. La part des anciens cadres et professions intermédiaires, "nouveaux  entrants" dans l’artisanat, est loin d’être négligeable (26%).

En outre, sur les 33 % de demandeurs d’emploi créateurs d'entreprise, plus de trois sur quatre (76 %) s’installent par volonté entrepreneuriale.

"Pour la majorité des entrepreneurs, se mettre à son compte est étape majeure de leur évolution professionnelle, après avoir été formés au métier et acquis une expérience significative. Un tiers des créateurs étaient ainsi auparavant salariés, majoritairement en tant qu’ouvrier ou employé. L’objectif est pour ces derniers est d’atteindre l’indépendance", analyse ainsi Bruno Lacoste,  directeur marketing et communication de MAAF.

Expérience de mise

L’expérience professionnelle des artisans compense un niveau de formation inférieur à la moyenne  des entrepreneurs. Ainsi, chiffre le baromètre, 32 % des créateurs d’entreprises artisanales ont un niveau CAP/BEP, 21 % un niveau BAC, 24 % sont détenteurs d’un diplôme de l’enseignement supérieur (contre respectivement 19 %, 21 % et 46 % de la moyenne des entrepreneurs).

Les femmes, qui représentent 23 % des entrepreneurs artisans, sont plus diplômées que leurs collègues masculins : 33 % sont détentrices d’un diplôme de l’enseignement supérieur, contre 21 % des hommes.

L'artisanat se montre toutefois ouvert aux autodidactes : 23 % des entrepreneurs n’ont pas  de diplôme qualifiant et se sont donc formés principalement par l’expérience.

Commander l'étude complète sur le site de l'Institut supérieur des métiers (ISM)

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