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Etude

Perte d'emploi des dirigeants : moins de "dégâts" en 2017

D'après le dernier Observatoire de l’emploi des entrepreneurs GSC - Altares, 50 011 dirigeants d'entreprise ont perdu leur emploi l'an dernier. Un chiffre élevé, à pondérer toutefois, car il marque une nette amélioration par rapport à 2016.

L'association GSC et la société Altares ont dévoilé le 7 février la 2e édition de leur Observatoire de l’emploi des entrepreneurs. En plein débat sur la mise en place d’une allocation chômage pour les travailleurs indépendants, l'étude montre une nette baisse des chiffres de la perte d’emploi des dirigeants.

En 2017, 50 011 dirigeants d'entreprise ont été confrontés à une liquidation judiciaire, soit 9,2 % de moins qu'en 2016. L'année 2015 avait enregistré un pic : ils étaient 59 725 à avoir perdu leur emploi.

"Le recul du nombre d’entrepreneurs en situation de chômage ces trois dernières années est un indicateur du dynamisme entrepreneurial français", analyse Elodie Warnery, Directrice Générale de l’association GSC. "L’entrepreneur doit faire preuve d’agilité et de vigilance face aux évolutions de son marché, aux adaptations nécessitées par le mouvement permanent de son environnement économique, social et juridique", rappelle-t-elle en outre. 
 
La part des quinquagénaires a sensiblement augmenté. Les dirigeants âgés de plus de 50 ans représentent 35,7 % des entrepreneurs concernés en 2017. Quelque 7,3% ont entre 26 et 30 ans.        

Les petites entreprises plus durement touchées

Les artisans-commerçants et gérants de TPE sont les plus impactés : 74 % des entrepreneurs en situation de perte d’emploi dirigeaient une entreprise de moins de 3 salariés (-7,6 % par rapport à 2016) et 15 % des entrepreneurs au chômage employaient entre 3 et 5 salariés.  

Pour près de 9 entreprises sur 10 (89,3 %), le chiffre d’affaires était inférieur à 500 000 €, voire non connu. 

Les SARL (société à responsabilité limitée) représentent la majorité (61,4 %) des cas de liquidation. Les chefs d'entreprise exerçant sous statut d’artisan-commerçant représentent une frange plus mince : 15 % des cas. En 2017, la progression de perte d’emploi se révèle la plus forte (+14,8 %) parmi les dirigeants de SAS (sociétés par actions simplifiées), du fait de l’augmentation du nombre de créations sous ce statut.
Toutes les régions concernées par l'embellie

Autre enseignement : une grande majorité des régions françaises (12 sur 13) est impactée par cette décelération du nombre de pertes d'emploi. 

Néanmoins, les résultats restent contrastés : le Grand Est (-12,6 %) et les Hauts de France (-11 %) connaissent la plus forte amélioration, tandis que les pertes d’emploi de dirigeants ont légèrement augmenté en Provence Alpes Côte d’Azur (+0,4 %). Et pour huit régions sur treize, la baisse est inférieure à 7 %.     

Le commerce et le bâtiment fragilisés

Les entrepreneurs du bâtiment (25,8 %) et du commerce (24 % pour 11 592 pertes d'emploi) constituent la moitié des pertes d’emploi. La construction reste elle aussi lésée (12 441 dirigeants en perte d'emploi), mais limite la casse par rapport à 2016 (-11,3 %).

En proportion, c'est le secteur des Transports et de la Logistique qui a le plus souffert, avec 1 699 entrepreneurs en situation de perte d’emploi contre 1 594 en 2016.

L'amélioration la plus franche est concerne les secteurs des Services aux entreprises (-13,8 %) et des Activités d’assurance et financières (-11,3 %). L’Industrie (-5,6 %) et les Services aux particuliers (-5 %) profitent également d’une amélioration. 

Réformer l'assurance-chômage 

Malgré l'embellie marquée par une baisse des défaillances d'entreprises, note Charles Battista, Directeur de la Communication et des relations externes Altares, "les entrepreneurs peuvent chaque jour être confrontés à leur propre "chômage". 50 000 chefs d'entreprises ont été placés devant cette difficulté en 2017 après la liquidation judiciaire de leur entreprise. Oser le risque est l'ADN de chaque entrepreneur et c’est un moteur pour l’économie mais cela ne peut se concevoir sans un filet de sécurité", rappelle-t-il.

Cette enquête arrive à point nommé, alors que le gouvernement songe à étendre l'assurance-chômage aux indépendants et à davantage de salariés démissionnaires. Les partenaires sociaux ont jusqu'au 15 février pour négocier. Un projet de loi commun sur les réformes de l'apprentissage et de la formation professionnelle sera déposé au printemps, pour une adoption définitive par le Parlement avant la fin de l'été.

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