Juri-pratique

Recruter un senior : la bonne idée ?

Le 09/01/2020
par Laëtitia Muller
Vous souhaitez recruter un senior mais vous hésitez pour diverses raisons : motivation, salaire, capacités physiques, etc. Avant de passer à l’acte, il convient de se renseigner sur les avantages, les inconvénients et les différents dispositifs qui existent.
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Pourquoi embaucher un senior ?

Contrairement aux idées reçues, les seniors ne sont pas forcément des salariés chers ou peu motivés car en fin de carrière. En effet, 75 % d’entre eux déclarent être prêts à revoir leur rémunération à la baisse. Ils sont également plus de 90 % à déclarer être prêts à changer de fonction.

Par ailleurs, les atouts des seniors recherchés par les entreprises et les recruteurs contrebalancent bien des freins. Ils ont de l’expérience, une plus grande expertise et ils prennent plus facilement de la hauteur sur une situation (étude Dares, mars 2019). Ils font donc courir moins de risques aux structures artisanales.

Quels sont les dispositifs seniors ?

Vous avez l’option du contrat à durée déterminée (CDD) senior. Il s’agit d’un contrat, dont la durée maximale peut être de 36 mois au lieu de 18. Les conditions : avoir 57 ans révolus et être inscrit à Pôle emploi depuis plus de trois mois. Certes, vous devrez payer une prime de précarité, mais vous pourrez embaucher un CDD sans justifier d’un motif, car il s’agit de l’âge dans ce cas.

Autre option : embaucher un senior sous contrat de professionnalisation. C’est un contrat professionnalisant de droit commun, qui se déroule en alternance, avec une période de formation de 150 heures annuelles.

Si le futur salarié est un demandeur d’emploi, âgé de 45 ans et plus, vous serez exonéré de cotisations et vous bénéficierez d’une aide de l’État d’un montant de 2 000 €. Pensez également au parcours emploi compétences (PEC) : à l’origine, ce dispositif est prévu pour les personnes sans emploi, avec des difficultés sociales et professionnelles. Les seniors peuvent également en bénéficier. Il s’agit d’un contrat de travail de droit privé, nommé « contrat unique d’insertion-contrat d’accompagnement à l’emploi » (CUI-CAE).

L’accompagnement peut être lourd eu égard au parcours des postulants, mais les avantages financiers sont non négligeables pour un artisan. En effet, vous payerez votre salarié au Smic et vous recevrez une aide modulée, entre 30 % et 60 % du salaire brut versé selon décision préfectorale. En outre, pendant la durée d’attribution de l’aide, vous serez exonéré, dans la limite du Smic, de la part patronale des cotisations et des contributions de Sécurité sociale. Et, en cas de CDD, vous n’aurez pas de prime de précarité à payer la fin du contrat.

Quid du cumul emploi-retraite ?

Vous compterez avec un salarié doté d’une forte expertise, surtout s’il a déjà travaillé pour vous, mais vous ne bénéficierez pas d’avantage financier.
 

FIDÈLES ET EN ATTENTE. Les seniors affichent plus de fidélité envers leur entreprise. Sans carrière à mener, ils sont moins ambitieux. En 2018, 3,8 % des personnes âgées de 55 à 64 ans étaient en attente d’un poste.

SENIOR À PARTIR DE 45 ANS. Il n’existe ni d’âge limite, ni « officiel » pour être qualifié de senior. Les
dispositifs sont accessibles à partir de 45 ans. Notez que, plus le senior avance en âge, plus les aides sont importantes.

AIDES. L’embauche d’un senior peut vous permettre de bénéficier d’aides. Évaluez leur montant en vous connectant aux sites du ministère du Travail et de Pôle emploi.

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