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Reprise d'entreprise

Une bijouterie aux mains de son apprentie

Le 31/01/2019
par Isabelle Flayeux
À 28 ans, Adélaïde Hugedé a franchi le pas de la reprise d’entreprise pour pratiquer le métier comme elle l’entend et continuer à mettre en pratique les méthodes de travail traditionnelles acquises en apprentissage. Pour cela, elle s’est entourée de deux apprenties.

Adélaïde Hugedé a suivi neuf années d’études en bijouterie, dont huit en apprentissage. Depuis 2016, la jeune femme perpétue le savoir-faire traditionnel d’un atelier créé en 1947 par Henri Houillon, repris par son fils Bernard, puis par sa petite-fille Mylène Martin-Houillon. Derrière cette entreprise artisanale de renom installée dans une ruelle pavée au cœur du Mans (Sarthe) se cache davantage qu’une histoire de transmission familiale.

"J’ai passé six ans aux côtés de Bernard Houillon. Passionné par son métier, il a formé des jeunes tout au long de sa vie professionnelle et continuait en tant que retraité. Il s’installait tous les jours à son établi pour travailler et transmettre son savoir-faire. J’ai été une de ses dernières apprenties."

"La transmission est une belle aventure, un échange. Plutôt que d’être gardé jalousement, le savoir-faire a besoin d’être partagé."

Adélaïde Hugedé terminait son Brevet professionnel de gemmologie quand la décision de reprendre la Joaillerie Houillon s’est imposée à elle.

Foncer pour réussir

"Mylène Martin-Houillon était en âge de partir à la retraite et, de mon côté, aucun autre employeur avec le même savoir-faire ne répondait à mes attentes. J’ai besoin de toucher la matière et aucunement envie de travailler en série ou derrière un ordinateur. J’étais aussi très attachée à cette entreprise."

Adélaïde Hugedé ne dispose que de six mois, après la fin de sa formation, pour préparer la reprise. "Passer d’apprentie à gérante n’est pas simple. L’opportunité m’a poussée à franchir le pas alors que je ne maîtrisais que la partie atelier. Je fabriquais les commandes sans avoir de contact avec les clients et les fournisseurs, je ne connaissais pas la comptabilité… Prise par l’urgence, j’ai appris vite. Maintenant, je me forme régulièrement."

La Joaillerie Houillon accueille deux apprenties, dont Léa Pasquier, sacrée Une des Meilleures Apprenties de France en bijouterie-joaillerie en juin dernier. Une belle reconnaissance du travail accompli.

Y croire et s'entourer

"Même si c’est compliqué d’être un artisan chef d’entreprise, je fais ce qui me plaît. C’est un métier passion." Suivie dans son projet de reprise par les banques, sa chambre de métiers et de l’artisanat et Initiative Sarthe, qui lui a accordé un prêt d’honneur à taux zéro, Adélaïde Hugedé reconnaît avoir vécu des moments de doute. "J’ai dû me battre et faire preuve de persévérance. J’ai tenu grâce à mon entourage familial, à mes amis, qui étaient partie prenante et m’ont toujours soutenue. Il faut se dire qu’on a les ressources pour réussir."

www.joaillerie-houillon.fr / Facebook : @joailleriehouillon

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