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Agressions

Vandalisme antispéciste : les bouchers-charcutiers ripostent

Le 25/02/2019
par Sophie de Courtivron
artisan boucher charcutier
Depuis le printemps 2018, les bouchers-charcutiers sont la cible d’attaques variées contre leurs boutiques et/ou leurs personnes. Ils ne se laissent pas faire, et leur meilleure défense reste la mise en avant de la qualité de leur travail, hélas méconnue de leurs agresseurs.

Une vingtaine de boucheries-charcuteries détruites, plus de 200 dégradations (faux sang, affichettes…), sans compter les insultes, et même les menaces de mort. Voilà ce que subissent les artisans bouchers-charcutiers depuis mi-2018.

"Les dérives ont commencé après l’attentat du Super U de Trèbes, où un boucher a notamment été tué ; une militante de la cause animale avait réagi en disant que ce n’était pas grave car c’était un assassin, et elle n’a pas été sanctionnée", rappelle Jean-François Guihard, président de la Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie et traiteurs (CNBCT)… Cela a ouvert la porte aux extrémistes et fanatiques antispécistes, etc., avec qui tout dialogue est impossible. 

Ripostes réglementaires

Qu’à cela ne tienne. En juin 2018, à la suite d’une intervention de la CFBCT auprès du ministre de l’Intérieur, chaque président de Région a dorénavant, en cas de problème, un contact direct avec sa préfecture de Région. En octobre 2018, la CFBCT a de plus été auditionnée à l’Assemblée nationale quant à la création d’une commission d’enquête sur les activistes antispécistes violents et sur les
atteintes à la liberté alimentaire.

Enfin, début décembre, "nous avons rencontré Nicole Belloubet, ministre de la Justice, pour mettre fin à l’impunité de nos agresseurs ; nous avons besoin de sanctions exemplaires", ajoute Jean-François Guihard. Qui a plusieurs cordes à son arc.

Ripostes professionnelles

"Cette année, notre communication est axée sur la qualité, la proximité, la traçabilité de la viande", insiste Jean-François Guihard. Ainsi, mi-février, une campagne menée par l’Interprofession a mis en valeur la viande et l’équilibre alimentaire.

En avril, la profession se lancera dans une grande campagne de promotion autour du dépôt de son dossier visant à inscrire "l’Art de la boucherie française" au patrimoine culturel immatériel de
l’Unesco
.

>> A lire aussi : notre focus sur le métier de charcutier-traiteur 

Les bouchers-charcutiers ont bien compris que la communication sur leur savoir-faire est capitale. "Je
participe aux Journées Made in Viande, à l’opération 24 heures chez mon artisan boucher-charcutier, je fais venir des scolaires, nous allons dans les fermes…", énumère Stéphanie Manse, bouchère-charcutière à Bagnères-de-Bigorre (65). "Nous devons montrer comment nous
travaillons, comment nous perpétuons les traditions."

Pour preuve ? Elle a accueilli en stage une végétarienne écrivant un mémoire ; "elle nous a accompagnés pour acheter du bétail, elle est venue à l’abattoir… Elle a vu notre passion, notre respect des bêtes et des personnes. Elle mange maintenant de la viande."

www.boucherie-france.org

De l'amour à toutes les étapes

Christine Spiesser bouchère

"Je travaille à 90 % en direct avec de petits producteurs-éleveurs, confie Christine Spiesser, bouchère à Strasbourg. Nous sommes très attentifs à toutes les étapes. L’abattage est un maillon primordial de la chaîne : dix ans d’élevage peuvent être fichus en l’air s’il ne se passe pas dans de bonnes conditions ! L’animal doit être accompagné par son éleveur. Il y a de l’amour à toutes les étapes, c’est une obligation. Quel plaisir ensuite de travailler cette viande ! Certes, cela a un coût. Je ne négocie pas les prix mais la qualité." 

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