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Olympiades des métiers : la jeunesse conquérante

Un championnat pour les uns, un laboratoire des métiers pour les autres… Fin novembre, Caen s’est imposée comme la capitale de la jeunesse. Co-organisées avec la Région Normandie, les finales nationales des 45es Olympiades des métiers ont fait vibrer les terres de Guillaume Le Conquérant

Placer les jeunes au centre de leur orientation, éveiller des vocations : pour y arriver, quoi de mieux que de pratiquer, de sentir, de voir ses aînés à pied d’oeuvre ? Du 28 novembre au 1er décembre, le parc des expositions de Caen s’est transformé en chantier géant, vibrant au son des machines, vivant de ses compétiteurs, de leurs formateurs et de leurs soutiens… Ouvert au public, l’événement a accueilli notamment des « scolaires » venus en masse pour découvrir les métiers in situ.

Voir, toucher, sentir

L’omniprésence d’outils numériques à chaque encablure n’aura échappé à personne… Au menu des jeunes visiteurs : des ateliers pratiques pilotés par nombre de CFA de CMA, avec des apprentis aux commandes ! Pour l’occasion, la Chambre régionale de métiers et de l'artisanat (CRMA) de Normandie (cinq CFA au compteur) a imaginé un astucieux parcours inspiré des codes des jeux vidéo. Composé d’un volet « Action » (ateliers pratiques : démos, vidéos, casques de réalité virtuelle…) et d’un volet « Immersion » (points d’information), il permet aux écoliers de valider des niveaux pour obtenir un badge numérique personnalisé, certifié par la CRMA de Normandie.

« Un document officiel à intégrer à son CV numérique, qu’il sera possible de présenter à un employeur pour un stage ou un apprentissage, explique Sylvie Kerguelen, directrice adjointe formation à la CMA de Caen. Avec l’aide des professeurs de boucherie-charcuterie du Cifac, de la Région Normandie et de la Cité des Métiers de Rouen, nous avons développé un programme en réalité augmentée qui permet de visualiser le quotidien des professionnels. Toutefois, en parallèle, nous avons souhaité rester dans le champ de la réalité et amener les jeunes à toucher la viande. »

Pari gagné, car il y a foule à l’atelier. Doriane, 13 ans, s’essaie à la confection de paupiettes de veau : « Quand on les voit déjà prêtes, on se dit que c’est facile mais en fait, c’est dur de bien faire, cela demande du temps ! » 

Son formateur, Arthur Lefèvre, s’émeut de voir ses jeunes recrues les yeux écarquillés. « C’est la première fois que j’apprends à d’autres, cela me rappelle mon expérience : il y a peu de temps, j’étais à leur place », commente l’apprenti boucher, âgé de 17 ans. Il y a trois ans, il était « sûr de s’orienter vers les métiers de bouche ». Un stage de 3e plus tard et Arthur est fixé : ce sera la boucherie. Et ce, malgré le véganisme galopant : « un simple phénomène de mode, ça passera », sourit-il.

Même ferveur au stand « Action » pâtisserie. Patrick Mésenge, pâtissier retraité et formateur au CFA de Caen, y encadre des apprentis. Il se réjouit de l’engouement des jeunes pour son métier. « J’ai formé à tous les niveaux, par passion. Continuer de transmettre me permet de rester dans le bain : c’est un métier tellement prenant qu’on reste pâtissier toute sa vie », livre-t-il. « Les jeunes s’intéressent car ils ont vu des choses à la télé. Il y a plus de candidats potentiels et motivés. Mais il faut espérer qu’ils concrétisent », nuance-t-il.

Pas facile de s’accrocher… Mais, pour les compétiteurs, nulle place au défaitisme. Formée au CFAI Henri Martin de la CMA de l’Aude, Alicia Dal Zotto, apprentie en réparation de carrosserie, a bravé tous les préjugés pour se frayer une place dans un univers très masculin. À la veille des épreuves, la compétitrice confiait « partir l’esprit conquérant ». « En participant à cette compétition, je veux montrer aux gens que ce métier est accessible aux femmes. Ce n’est pas parce que je suis une femme que je ne suis pas compétente. Il me tient à coeur de lutter contre ce cliché. »

La voix des pros

L’air est frais au pavillon des métiers du végétal, mais ne nous y trompons pas : les candidats s’affairent et le jury veille au grain ! Formateur en fleuristerie au CFA d’Eschau (Bas-Rhin), Jean-Philippe Fritz est aux côtés des WorldSkills depuis 1996 (juré, puis expert). « La jeunesse est toujours à la pointe, c’est sur elle qu’il faut miser. La fleuristerie requiert un regard artistique sur les modes et les lignes. Et pour relier le tout, la technique doit être irréprochable, comme pour tous les métiers de la main. »

Les Olympiades des Métiers rappellent qu’il ne faut pas sous-estimer les capacités des jeunes… « La grande problématique, c’est que, progressivement, on ramène les concours et les diplômes vers les jeunes, alors que c’est aux candidats de s’adapter. L’Éducation nationale doit croire en eux, comme elle doit faire confiance aux professionnels et les écouter davantage, leur offrir la possibilité de se ressourcer, de s’inspirer ailleurs… »

Car, oui, les métiers représentés lors de cette compétition s’enrichissent de curiosité permanente, d’échanges et de voyage… Des valeurs chères aux WorldSkills.

LYON, PORTE-DRAPEAU

Lyon a été désigné pour présenter la candidature de la France pour la 47e édition des WorldSkills, en 2023. La métropole aura pour mission de convaincre les 80 pays membres de la compétition de choisir la France pour accueillir la grand-messe mondiale des métiers. La candidature est portée par un grand nombre d’acteurs économiques lyonnais, mais également des sportifs, des associations et des syndicats patronaux. À ce jour, le seul autre pays en lice est le Japon. Verdict le 20 août 2019, après un « grand oral » et un vote des pays membres.

Palmarès complet et photos sur www.worldskills-france.org

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