émeutes

Vandalisme, pillage, dégradation… : quelles sont les premières annonces pour soutenir les artisans et commerçants impactés ?

Le 04/07/2023
par Julie Clessienne
Après une première réunion de crise samedi, les locataires de Bercy, Bruno Le Maire et Olivia Grégoire, se déplacent ce 4 juillet en Essonne, au chevet des commerçants et artisans impactés par les émeutes qui ont fait suite à la mort de Nahel à Nanterre. Vandalisme, casse, pillage… : quelles sont les solutions d’ores et déjà avancées pour les aider à faire face ? Quelles annonces faut-il retenir ?
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Le samedi 1er juillet, des membres du gouvernement ont réuni en urgence les représentants des secteurs du commerce, de l’hôtellerie-restauration, de la banque et des assurances.

A l’ordre du jour : dresser un point de situation après les violences qu’a connu le pays ces derniers jours.

Effectivement, les commerçants n’ont pas été épargnés par les émeutes, qui ont suivi la mort d’un jeune de Nanterre la semaine dernière.

Selon Bruno Le Maire, au moins 250 débits de tabac, 250 agences bancaires, 200 magasins de grande distribution, de restauration rapide, et de nombreux petits commerces ont subi des dégradations et des pillages, et ce sur tout le territoire.

Le ministre de l'Économie n’a pas manqué d’apporter son soutien "à l'ensemble des entrepreneurs qui ont été touchés" et aux "salariés qui ont découvert leur lieu de travail saccagé, pillé et pour certains, ont été confrontés directement à ces actes de violence".

Quelles sont les solutions avancées ?

Pour les aider à faire face à ces dégradations, rapidement, plusieurs solutions ont été avancées lors de ces échanges :

  • Les représentants du secteur de l’assurance sont prêts à accorder des délais aux chefs d’entreprise pour effectuer leur déclaration de sinistre ou de perte d’exploitation. Ils s’engagent également à procéder rapidement aux indemnisations.
  • Le secteur bancaire s’engage à être compréhensif en cas de non-respect des échéances bancaires des entreprises en difficulté.
  • Les conseillers départementaux de sortie de crise, déjà fortement mobilisés lors de la hausse des prix de l’énergie, restent actifs sur ce sujet.
  • L’État s’engage également à tout mettre en œuvre pour que les artisans et commerçants impactés puissent bénéficier de reports de charges sociales et fiscales.
  • Autre solution avancée : prolonger d’une semaine la date de fin des soldes d’été, qui venaient de démarrer, le 30 juin dernier, dans la majeure partie des territoires.

Des fonds d’urgence débloqués par les Régions

Par ailleurs, Franck Leroy, le président de la Région Grand Est, a annoncé ce lundi 3 juillet sur les réseaux sociaux qu'il allait proposer devant l'assemblée du conseil régional un fonds d'aide d'urgence à hauteur de 10 M€ dont 5 M€ fléchés vers les TPE et commerçants impactés.

La Région Ile-de-France a également fait savoir qu’elle allait débloquer 20 M€. Ce fonds d’urgence, qui sera soumis à un vote par amendement ce mercredi 5 juillet, servira, en partie, à soutenir les commerçants et artisans franciliens qui ont fait face à des dégradations matérielles (vitrines détruites, magasins saccagés…) jusqu'à 10.000€ (après intervention des assurances sur le reste à charge).

>> L’instruction des dossiers se fera avec l’appui de la CCI Paris Île-de-France et la CMA d’Île-de-France. Les demandes peuvent être déposées jusqu’au 30 septembre. 

La Région Hauts-de-France a, quant à elle, décidé de mettre en place un dispositif exceptionnel pour aider les commerçants et artisans concernés par des dégradations et pillages commis lors des émeutes. Une avance remboursable sera déployée en avance.

>> Un numéro unique, le 03 20 63 79 00, a été mis en place pour accompagner les commerçants et artisans des Hauts-de-France afin de les aiguiller vers le bon interlocuteur.

Le soutien des représentants du secteur artisanal

Par voie de communiqué, l’U2P a fait savoir le 3 juillet qu’elle souhaitait que "ces actes commis contre les entreprises, les chefs d’entreprise, et leurs salariés, soient considérés avec gravité et ne restent pas impunis".

L’organisation patronale, qui représente les entreprises de proximité, demande également au gouvernement la mise en place de "dispositifs adaptés : activité partielle, reports de charges…" pour ces entreprises qui "ne pourront reprendre leur activité avant plusieurs semaines".

L’U2P et son réseau dans les territoires restent mobilisés "pour accompagner les chefs d’entreprise en difficulté et pour travailler aux côtés de toutes les organisations professionnelles".

La Fédération française du bâtiment (FFB), de son côté, assure, elle aussi, être "mobilisée" :

"Les émeutes successives dans le pays ces derniers jours n'épargnent pas les artisans et entrepreneurs de bâtiment. Des sièges d'entreprises, des bases vies, des engins de chantiers et des dépôts de matériaux ont été incendiés dans plusieurs départements. La FFB apporte son total soutien et sa profonde solidarité aux entreprises et aux collaborateurs touchés."

Enfin, le président de CMA France, Joël Fourny a exprimé sur les réseaux sociaux tout son soutien "aux artisans qui ont vu leur outil de travail pillé et saccagé".

Quelles sont les démarches en cas de vandalisme ou de vol ?

Les émeutes de ces derniers jours ont conduit à des vandalismes et des vols. Outre les commerces ayant pignon sur rue, de nombreux locaux professionnels, véhicules et engins de chantier ont subi des dégradations.

Premier réflexe à adopter : constater les dégâts, porter plainte et contacter votre assureur pour voir si le contrat souscrit couvre bien ce type de dommages. Habituellement, les dégâts en lien avec des mouvements populaires sont pris en compte dans les contrats multirisques.

Ne tardez pas à faire votre déclaration pour être indemnisé au plus vite !

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