Conjoncture

Chute historique de l'activité pour les commerces de proximité

Le 05/08/2020
par Samira Hamiche
Crise sanitaire oblige, le commerce de proximité accuse une perte historique de chiffre d'affaires. Au 2e trimestre, l'activité a chuté de 28,5 %, après un premier trimestre déjà marqué par une baisse de 5,3 %.
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L'hôtellerie, cafés, restaurants (HCR) et le commerce alimentaire de proximité sont les plus touchés, avec un CA en baisse de 55 % au 2e trimestre.

Publiés le 5 août, les résultats de l'enquête Xerfi-I+C pour l'U2P mettent des chiffres sur la prévisible dégringolade de printemps... Entre avril et juin 2020, l'activité des entreprises artisanales, commerces alimentaires de proximité et professionnels libéraux a connu une chute sans précédent : -28,5 %, après un premier trimestre à -5,3 %

Inégalement endurée par les professionnels, la crise sanitaire a révélé de fortes disparités sectorielles. L'hôtellerie, les cafés, restaurants (HCR) et le commerce alimentaire de proximité ont ainsi été les plus affectés, avec un CA en baisse de 55 % au 2e trimestre. La situation s'est avérée plus grave pour les HCR, contraints à la fermeture administrative. Résultat : une activité en baisse de 88%...

Bien que plus épargnés, les artisans et les professionnels libéraux ont respectivement encaissé une chute de 24,5 % et 26,5 %... Un choc inédit.

Les finances restent fragiles

En moyenne, 1 entreprise de proximité sur 2 (55 %) aura bénéficié des aides de l'État, mais avec des disparités marquées. Ainsi, 92 % des hôtels-restaurants en ont bénéficié, contre 19 % des entreprises artisanales de l’alimentation. Ont été principalement sollicités le premier volet du Fonds de solidarité (47 % des entreprises) et les reports de charges (43 %). Le deuxième volet du Fonds de solidarité, lui, n'a bénéficié qu'à peu d'entreprises : 2%. Idem pour les exonérations de charges :  3 %.

Qu'elles aient éprouvé des difficultés à se saisir des aides (manque d'information, parcours administratif jugé compliqué), ou qu'on leur ait refusé, les entreprises fragilisées ont plus que jamais besoin d'être épaulées. Un constat que souligne le président de l'U2P, Laurent Munerot, qui plaide pour le renforcement des aides. "Le moment n’est pas venu de mettre fin aux mesures de soutien ; au contraire, il faut amplifier les dispositifs, notamment le prêt garanti par l’État (PGE) en permettant aux entreprises d’étaler les remboursements dans le temps et à moindre coût", développe-t-il.

Reflet de la fragilité financière des entreprises de proximité, 56 % des entreprises disent avoir une opinion négative sur leur trésorerie. Toutefois, l'horizon semble un peu plus optimiste pour 31% des sondés, qui anticipent une activité moins soutenue au cours du 3e trimestre. Toutefois, le retour à la normale est loin d'être acquis...

L'emploi relativement préservé

Côté emploi, les entreprises de proximité semblent limiter la casse. Les entreprises de proximité ont certes moins embauché qu’en 2019 (12% du total contre 18% un an auparavant), mais ont des créé emplois durables en recourant largement au CDI. Ces derniers représentent 47 % des embauches. Néanmoins, seuls 6 % des chefs d'entreprises prévoient d'embaucher au second semestre 2020 (contre 11 % en 2019). Les patrons ne délaissent pas non plus l'apprentissage, qui représente 13 % des intentions d’embauche.

Une bonne nouvelle, quand plus d’un quart (26%) des artisans, commerçants de proximité et professionnels libéraux disent avoir rencontré des difficultés d’embauche au 1er trimestre. En cause : la pénurie de main-d'oeuvre, l’insuffisance des qualifications (citée par 68 % des chefs d’entreprise), ou encore l’absence de candidature (citée par 56 % des sondés).

Au cours du premier semestre, 14 % des entreprises ont été concernées par des départs de salariés. L’hôtellerie-restauration est le secteur le plus touché (37% des entreprises concernées), suivi de l’artisanat des travaux publics (20%). Ces départs sont principalement liés à des CDD arrivant à leur terme (36 %) et à des démissions, suivies par les ruptures conventionnelles (11 %). Le nombre de licenciements économiques demeure ainsi contenu (3 % des départs), note l'étude.

>> Consulter l'étude complète

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