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Portrait

La cordonnière qu'on like

Face au succès grandissant de sa cordonnerie et en s'appuyant sur le dispositif Ardan, Deborah Sanfourche a pu recruter Patricia, qui assure l'accueil et la vente.
Deborah Sanfourche et l’Artisanat, c’est une histoire qui commence par un coup de pompe. En 2012, la jeune maman est conseillère bancaire. Et elle sent bien qu’une année de plus dans ce boulot sera l’année de trop. Donc stop : bilan de compétences, et réflexion intense.

Deborah Sanfourche se rappelle : "J’avais besoin de répondre à mon désir d’autonomie et de créativité." Bricoleuse, elle aime relooker, customiser, fabriquer, coudre… De là à en faire son métier, il y a plus qu’un pas : il y a un monde. Mais elle y va. "Je me suis souvenue d’un couple de cordonniers hyérois, clients de la banque. Un jour, je leur avais apporté une réparation et j’étais restée un bon moment pour observer leur travail… J’avais aimé ! Ils m’avaient dit : si vous avez envie de vous reconvertir, revenez nous voir… " Deborah revient donc : "Après trois jours de stage à encoller des semelles et reproduire des clés simples, je savais que j’avais trouvé ma nouvelle voie".

Communicante

Après le stage, elle se forme pendant six mois chez les mêmes cordonniers, grâce à une aide de Pôle Emploi. Et le métier rentre comme ça. Pour le reste, la cordonnière est déjà bien chaussée : Bac +4 commerce/vente, et sept ans d’expérience en banque. Son étude de marché lui montre qu’elle a le champ libre entre Toulon et Hyères. Ce sera La Crau, où l’entrepreneuse déniche un local sur leboncoin. Le Web ne va pas lui servir que pour ça. En effet, Deborah se révèle être une redoutable communicante sur Facebook. "Comme je partais de zéro, faute de cordonnerie à reprendre, j’ai vite compris que je devais engranger de la notoriété avant même d’ouvrir." Le 27 janvier 2013, elle ouvre donc une page Facebook. Sur le premier post, elle montre le chantier du local. Sur le deuxième, elle raconte sa reconversion. Et cela ne s’arrêtera plus. Pendant les mois qui précèdent l’ouverture, elle gagne ses premiers clients via Facebook en parlant de tout ! Les préparatifs du local, les services qu’elle va proposer, un conseil pour imperméabiliser ses chaussures, quelques traits d’humour, une surprise pour les premiers fans de sa page. Fin avril, ils sont déjà 100. Et le 4 mai 2013, l’atelier-boutique ouvre enfin. Ce matin-là, une quinzaine de clients pousse la porte. Depuis, le chiffre d’affaires connaît chaque année une croissance à deux chiffres.

Le lien

Bien sûr, ce succès ne doit pas tout à Facebook. La clé, c’est le travail soigné, les délais rapides, les prix étudiés, les qualités humaines et relationnelles de Deborah, les petits services à l’écoute des demandes (photocopies, ventes de piles spéciales, réparations de mobiles via un partenaire local…). Mais, sur la page Facebook, les clients parlent de la cordonnerie. Ils partagent leur satisfaction. Ils recommandent. Et, jour après jour, Deborah publie textes, photos, vidéos, montre comment elle travaille, donne les tarifs, répond aux questions, dit non aux articles de contrefaçons (qu’elle refuse de réparer), glisse des conseils, annonce des promos, concours, nouveautés…

Elle fait aussi la pub d’autres commerçants de La Crau, lance une collecte de chaussures pour les sans-abri, informe sur les aléas du métier. Post après post, la cordonnière valorise le temps, le talent, le cœur qu’elle met à l’ouvrage, et nourrit comme le plus beau des cuirs ce lien de proximité qui fidélise les clients. "Je suis persuadée que le commerce physique local et Internet sont complémentaires. Facebook m’a apporté beaucoup de clients qualifiés, c’est un bouche-à-oreille puissance 1 000 ! J’ai construit une vraie communauté de gens qui ont cliqué “J’aime“ parce qu’ils aiment ma façon d’être artisane, ma façon de leur parler et de leur rendre service." 

Comment maintenant poursuivre ce développement sans se laisser submerger par le travail, au risque de ne plus aimer son métier ? En 2016, Deborah utilise le dispositif Ardan pour recruter Patricia, qui prend en charge l’accueil et la vente. Elle garde du recul avec un coach, se forme à la gestion du temps, pense à la vente en ligne, entre autres, pour mieux servir ses clients. Mais au fait, combien sont-ils aujourd’hui à la suivre sur Facebook ? Bientôt 1 500 !

La Cordonnerie | 26 av. du Général de Gaulle | 83260 La Crau | Déborah Sanfrouche | 04 89 66 41 47 | www.facebook.com/la.cordonnerie

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