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Concours MOF

Le (bon) sens du sacrifice

Le 13/04/2018
par Propos recueillis par Julie Clessienne
Alors que les sessions de qualification pour le 26e Concours "Un des Meilleurs Ouvriers de France" vont bon train, Cyrille Vidal, photographe landais, distingué du prestigieux col bleu-blanc-rouge en 2015, revient pour Le Monde des Artisans sur son expérience. Des mois de sacrifice, de persévérance et, surtout, une bonne dose de talent avant d’atteindre le titre tant convoité…

Le Monde des Artisans : Pouvez-vous nous retracer votre parcours ?

Cyrille Vidal : J’ai débuté comme apprenti en 1995 au Studio Lavielle, dans lequel je suis resté quatre ans, à Aire-sur-Adour (Landes), où j’exerce désormais. Puis, je me suis directement installé à mon compte, à 24 ans, à Barcelonne-du-Gers. J’ai l’impression d’avoir toujours eu cette passion pour l’image. J’aime garder un souvenir de ce que je vois, notamment tout ce qui touche aux traditions locales. La photo « taurine » m’a d’ailleurs fait connaître à mes débuts.

LMA : Vous avez participé à de nombreux concours. D’où vous vient ce sens de la compétition ?

C. V. : J’ai effectivement déjà obtenu cinq fois le titre de Portraitiste de France pour la qualité de mes photos de mariage et de mes portraits, deux fois des prix européens (prestigieux en soi mais qui ont finalement moins d’impact sur la clientèle) et j’ai été membre de l’équipe de France lors de la Coupe du Monde de la photographie, en 2016. Cela permet de savoir où on se situe en tant que professionnel, si on a le niveau. C’est aussi valorisant vis-à-vis de mes clients et le moyen d’en attirer de nouveaux ! 

LMA : Le concours Un des Meilleurs Ouvriers de France a nécessité une préparation plus intense ?

C. V. : Entre le moment où j’ai reçu les sujets et le rendu de mes travaux, il s’est passé cinq mois. Cinq mois durant lesquels je me suis investi à 300 % en faisant beaucoup de sacrifices, souvent au détriment de ma vie personnelle puisque, en tant qu’indépendant, il est plus compliqué d’empiéter sur les journées de travail. Sans le soutien indéfectible d’amis MOF et de ma famille, au premier rang de laquelle mon épouse, je n’y serais sans doute pas parvenu !

LMA : En quoi consistent les épreuves dans la catégorie Photographe d’art dans laquelle vous avez concouru ?

C. V. : J’ai dû travailler sur six sujets (mariage, paysage, portrait, création, mode et reportage). Pour chacun d’eux, il fallait tenir compte de contraintes techniques très précises tout en apportant notre touche artistique. Pour le sujet « mariage », par exemple, il fallait réaliser la photo en studio. La difficulté résidait dans le fait que la robe de la mariée ne devait pas se confondre avec le fond blanc, il fallait au contraire en voir tous les détails ! Pour le sujet « mode », je devais réaliser le portrait d’une jeune femme élé-gante des années cinquante, portant un chapeau à bords larges tout en faisant ressortir son regard. Un gros travail de recherche était alors primordial (tenue et lieu adéquats, lumière continue typique de l’éclairage utilisé au cinéma, dans le style du célèbre Studio Harcourt). Le sujet « reportage » est celui qui a nécessité le plus de prises de vue : je voulais prendre un cavalier en pleine course, en compétition, et souligner la complicité entre l’homme et l’animal. J’ai passé des jours entiers à écumer toutes les compétitions équestres de la région pour réussir LA bonne photo…

LMA : Et un jour, on vous appelle pour vous dire que ça y est, vous êtes Meilleur Ouvrier de France…


C. V. : Un jour, en reportage sur Arles, au beau milieu des champs, on reçoit un coup de fil pour nous annoncer la bonne nouvelle. Et là, c’est l’explosion de joie, un soulagement aussi au vu de l’énorme investissement. C’est vraiment une chance exceptionnelle de rentrer dans cette grande famille et c’est un titre dont on me parle encore très régulièrement, dont ma famille et ma clientèle sont très fières. Et puis, il y a la remise de médaille à la Sorbonne, la rencontre avec le président de la République à l’Élysée… Bref, si c’était à refaire, je le referai sans hésiter. Et pourquoi pas d’ailleurs ?

Retrouvez l’ensemble des sujets des épreuves finales auxquelles a participé Cyrille Vidal ainsi que leur fiche technique sur son site. Plus d’informations sur le 26e concours MOF sur www.meilleursouvriersdefrance.org.

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