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Opinion

"Le concours Mof, c'est la route 66 de l'excellence"

Le 31/01/2019
par Propos recueillis par Julie Clessienne
Alors que les épreuves du 26e concours d’Un des Meilleurs Ouvriers de France touchent à leur fin, Jean-Luc Chabanne, secrétaire général du Coet-Mof*, nous livre sa vision de ce titre prestigieux. Ce qu’il implique et ce vers quoi il tend, face aux mutations sociétales et aux usages du numérique.

Qui sont les prétendants au titre de "Mof" ?

Ce concours s’adresse à des personnes déjà expérimentées, en moyenne de 35-38 ans, qui ont
des vies professionnelle et familiale bien remplies. Ce sont de vrais acteurs économiques qui investissent beaucoup de leur temps personnel pour préparer leurs épreuves. Ce concours peut jalonner un parcours professionnel ; il permet aux candidats de savoir où ils en sont après quelques années d’activité et de pratique.

Des candidats issus de 170 métiers concouraient cette année, aussi bien des artisans que des employés de la grande distribution, de grandes industries… Une contradiction ?

Il faut redonner de la valeur à l’ouvrier, au maître d’ouvrage, exporter nos savoir-faire. L’artisanat devrait être à l’origine de ce processus mais il est bloqué par les seuils qui opposent continuellement TPME, ETI et grandes entreprises. De l’espace pour évoluer, nous en avons, à condition de voir grand ! Je ne suis pas contre l’idée qu’on ait de grandes entreprises artisanales. Nous avons besoin de l’ensemble de la filière, de tous ses maillons, c’est pourquoi, dans le concours, nous mettons en avant aussi bien les "très petits" que les "très grands".

Avec un message à faire passer à la jeunesse ?

Il faut prendre conscience du fait que nos métiers ne sont pas sexy pour nos jeunes. Certes, être caissière, c’est ennuyeux mais l’écosystème est plus favorable (souplesse des horaires, comité d’entreprise…). Nous devons faire face à cette réalité à l’heure où l’on ne trouve plus de repreneurs pour nos entreprises. Les jeunes représentent l’avenir, ils ont le droit d’avoir leurs propres idées, d’imaginer une nouvelle façon de travailler demain.

D'où l'intégration du numérique dans certaines épreuves ?

Aujourd’hui, grâce à Internet, n’importe quel quidam sur cette planète peut se mettre en scène et vendre un produit. Nous sommes dans une période de rupture où tout va très vite. Rappelez-vous que ce ne sont pas les fabricants de bougies qui ont inventé l’ampoule ! Les épreuves du concours doivent, de ce fait, elles aussi évoluer, intégrer les nouveaux procédés de fabrication comme l’impression 3D. Nous ne pouvons plus demander aux candidats de passer exactement les mêmes épreuves que leurs arrière-grands-parents !

*Le Coet-Mof (Comité d’organisation des épreuves du travail) est une association 1901 placée sous l’égide du ministère de l’Éducation nationale.

Le parcours de Jean-Luc Chabanne

1980-1987. Tour de France avec les Compagnons du Devoir, de la mécanique agricole à l'ingénierie automobile.

1987-1998. Chargé d’affaires puis responsable d’agence, Groupe Rouby.

1999-2005. Directeur commercial et marketing des Compagnons du Devoir.

2005-2012. Directeur commercial et marketing, Défi-Méca et CMEC.

2012-2016. Directeur commercial, marketing et communication externe des Compagnons du Devoir.

2016. Devient secrétaire général du Coet-Mof.

www.meilleursouvriersdefrance.org  / Facebook : @MOFmeilleursouvriersdefrance

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