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Rencontres franco-allemandes de l'artisanat

Mobilité et numérique au cœur du débat

Rencontres franco-allemandes de l'artisanat 2016Clotilde Valter, secrétaire d'État chargée de la formation professionnelle, Alain Griset, président de l'APCMA et Hans Peter Wollseifer, président de Deutscher Handwerkskammertag (DHKT), lors de l'inauguration des RFA 2016.
Organisées à Lille du 23 au 25 mai, les 22es Rencontres des chambres de métiers et de l’artisanat de France et d’Allemagne ont abouti à un renforcement de la coopération privilégiée entre les deux pays, matérialisé par une feuille de route pour les trois prochaines années.

Élus et collaborateurs de chambres de métiers et de l'artisanat, mais également acteurs institutionnels et politiques… Près de 350 décideurs économiques français et allemands ont échangé trois jours durant sur leurs expériences et leurs projets, à Lille Grand Palais.

"Pour faire avancer l’artisanat, comme pour faire avancer l’Europe, nous avons besoin de ce dialogue entre la France et l’Allemagne, qui permet de partager les expertises et de travailler de concert à l’élaboration de perspectives communes", a souligné le président de l’APCMA, Alain Griset. Une politique de complémentarité partagée par son homologue allemand, Hans Peter Wollseifer, président de DHKT, selon lequel "l'Europe n'est pas un problème, mais un levier".

À l'issue de trois grands ateliers, les participants se sont entendus sur un ensemble de recommandations pour les trois prochaines années. L’accord vise à déployer une stratégie commune, selon trois axes : numérique, formation et accompagnement des artisans. Il sera transmis aux gouvernements français et allemand et aux instances européennes.

Stimuler et encadrer la transition numérique

Comme l’a noté la secrétaire d’État chargée de la formation professionnelle et de l’apprentissage Clotilde Valter, "la numérisation est un défi pour nos pays". "Dans dix ans, la moitié des métiers seront transformés par l'économie numérique. C'est une opportunité à saisir", a-t-elle insisté. Il s’agira premièrement d’accompagner les entreprises artisanales dans leur transformation numérique, afin qu’elles n’en souffrent pas, mais tirent au contraire bénéfice de cette "4e Révolution industrielle", dixit Catherine Élie, directrice des études de l’ISM. Dans cette optique, Français et Allemands plébiscitent un renforcement de l’intervention des pouvoirs publics.

Première priorité : parvenir à l’égalité d’accès au très haut débit, notamment en zone rurale ou périurbaine pour combler le retard numérique (41 % du territoire est couvert en France, 65 % en Allemagne*). Ensuite, face à l’émergence de plateformes aux contours encore flous, l’enjeu est de mieux réglementer l’économie numérique en termes juridique, fiscal et social. Les institutions de l’artisanat appellent enfin à créer une incitation financière pour les TPE artisanales investissant dans le numérique. Elles souhaitent aussi voir se développer des offres d’accompagnement et de formation adaptées au profil de chaque artisan, couplées à une modernisation des infrastructures et à une démarche proactive des chambres de métiers.

"La qualification est un atout pour l'artisanat, pas une contrainte". Laurent Serre, vice-président de l’APCMA

Redorer l’image de la formation professionnelle

Priorité sera accordée au renforcement de la valeur et de l’image de la formation professionnelle, en particulier de l’apprentissage, victime de préconçus. Cela passe, l’a rappelé le directeur général de l’APCMA, François Moutot, par "le développement des qualifications professionnelles de haute qualité et adaptées aux besoins de nos entreprises" et l’accompagnement des TPE dans la mise en œuvre de contrats d’apprentissage. "La formation est la meilleure façon de positionner et de maintenir les entreprises avec succès sur le marché." Ces formations nécessitent davantage d’attractivité, y compris auprès de diplômés en filières générales.

Enfin, les chambres de métiers entendent développer la mobilité des apprentis. Le rôle du partenariat avec l’OFAJ est à ce titre crucial (cf. encadré), de même que les jumelages entre chambres allemandes et françaises. L’apprentissage des langues est un autre enjeu phare, notamment relevé par Pierre-Yves Le Borgn’, député et président du groupe d’amitié France-Allemagne à l’Assemblée nationale : "apprendre une langue, c'est pour toute une vie. C'est un passeport phénoménal".

Maintenir des services de qualité

Les chambres s'engagent à proposer aux entreprises artisanales "des services d’un haut niveau de qualité et tournés vers l’avenir", rappelle l'APCMA. Elles s’engagent en outre à se montrer transparentes dans leurs actions et souhaitent que ces dernières soient soutenues financièrement. En outre, les CMA demandent au législateur une meilleure reconnaissance de l’engagement bénévole des chefs d’entreprise impliqués dans la formation des jeunes et dans l’activité des chambres.

L'accord sur ces orientations vient consolider les relations déjà étroites entre les réseaux français et allemand de chambres de métiers. La politique de jumelage entre chambres, vouée à prendre de l'ampleur, participera à cette dynamique d'échange et de retour d'expériences au quotidien.

* Source : CE, février 2016

rfa.artisanat.fr

Accord sur…

La mobilité des apprentis 

En clôture des RFA, le DHKT et l'APCMA ont signé une convention-cadre avec l'OFAJ (Office franco-allemand pour la jeunesse). Objectifs : valoriser la promotion de la mobilité comme facteur de développement des compétences et professionnaliser les porteurs de projets en mobilité. Cette coopération cible les apprentis, mais aussi les jeunes diplômés, les maîtres d’apprentissage, formateurs et agents administratifs. Les trois parties s’engagent à développer de nouvelles opportunités de projets de mobilité à l’échelle franco-allemande et européenne.

www.ofaj.org

 
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