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Communication

Campagne pour l'apprentissage : les apprentis prennent les commandes

Un seul hashtag pour repérer la campagne sur le Web et l'alimenter : #DémarreTaStory.
Qui de mieux que les apprentis pour parler de l'apprentissage ? Partant de cette logique, le ministère du Travail a lancé ce lundi 23 avril #DémarreTaStory, une campagne de promotion sur les réseaux sociaux qui donne la parole aux premiers intéressés. Objectif : inciter les jeunes à se jeter dans le bain, pour vivre leur propre expérience.

De l'abstraction au concret

Langage trop institutionnel, trop politique, trop moralisateur... Bien souvent, le discours sur l'apprentissage émanant du "haut" ne parle pas aux jeunes. Alors, changement de format, pour changer de regard sur l'apprentissage !

Parallèlement à la réforme de l'apprentissage et de la formation professionnelle, le ministère du Travail a décidé de lancer une campagne de communication imaginée par des apprentis et ex-apprentis, à destination des jeunes en quête d'orientation. Baptisée #DémarreTaStory, elle adopte des codes familiers aux générations "Y" (nés entre 1988 et 2000) et "Z" (après 2001), immergées dans un univers social ultra-connecté. 

Le principe : raconter sur les réseaux sociaux, par le biais de photos, de vidéos, son quotidien d'apprenti(e), mais aussi les motivations qui ont poussé à choisir ce mode de formation... Le tout, en ajoutant systématiquement le hashtag (mot-dièse) #DémarreTaStory. 

Par le biais des expériences concrètes que confieront les apprentis et ex-apprentis, il sera plus simple pour les jeunes de s'identifier...

Des témoignages empiriques

Attrait du métier, autonomie économique, études courtes, présence en entreprise, indépendance, épanouissement personnel : autant de motivations pour les apprentis en devenir ! 

"Il y a les stars, il y a les inconnus, mais tous les anciens apprentis témoignent d'un chemin de réussite, un chemin de passion", a relevé Muriel Pénicaud lors de la présentation de la campagne, organisée à Paris le 23 avril, au Conservatoire national des Arts et Métiers (Cnam).

La passion, Gauthier Outurquin, apprenti en chocolaterie-confiserie, a su la sublimer et l'entretenir via l'apprentissage. "Il faut valoriser le métier par l'apprentissage. J'ai toujours aimé ce métier et j'ai très vite compris que c'était la meilleure façon d'apprendre", nous raconte-t-il. Présent sur Facebook et Instagram, il compte y être très actif pour "convaincre d'autres jeunes d'entrer dans ce monde-là, en leur montrant par exemple les coulisses de la fabrication de confiseries et chocolats.

Tout comme Gauthier, Kévin Cichy, apprenti dans le bâtiment, fait partie des premiers à avoir répondu présent pour la campagne. "Je n'aimais pas trop l'école", confie-t-il. En fin de troisième, il a choisi l'apprentissage, séduit par son côté concret, et motivé par un oncle ancien apprenti et aujourd'hui chef d'entreprise. Malgré "le manque de vacances", Kévin se sent aujourd'hui très épanoui. Il voit également dans cette campagne une façon de "s'informer du contenu des réformes à venir". "Il faut voir ce que cela va donner dans la pratique, mais pour le moment ça a l'air d'être bien parti", estime-t-il. Le smartphone entre les mains, il promet lui aussi de porter dignement le hashtag #DémarreTaStory, sur Facebook, Instagram et Snapchat.

Muriel Pénicaud pose avec des apprenties du CFA Cnam Ile-de-France (Saint-Denis).

Redonner espoir à la jeunesse

Par cette opération participative et "virale", le gouvernement entend résoudre un malaise social hélas profond. L'idée est de tendre la main à tous les jeunes, notamment ceux qui ont baissé les bras...

Une démarche cruciale pour l'équilibre de la société, comme l'a noté Muriel Pénicaud dans son discours introductif. "Pourquoi est-ce si important aujourd'hui ? Parce que nous sommes dans une situation qui est absurde. Peut-on tolérer qu'aujourd'hui en France, en 2018, il y ait plus d'1 million de jeunes qui ne se projetent pas dans l'avenir ? Il sont ni en emploi, ni au lycée, ni à l'université... Ils n'ont pas confiance en eux, ils n'ont pas confiance en la société, car ils n'ont nulle part où se projeter. C'est vraiment intolérable pour eux !", s'est indignée la ministre.

Autre verrou à faire sauter : la crainte de la réorientation. "Aller dans l'apprentissage, c'est prendre sa vie en main. C'est conduire son propre projet, conduire sa vie. Il n'y a pas d'âge pour ça, cela dépend du moment où l'on est mûr... On a le droit d'errer, on a le droit de cheminer, et il faut que la société réponde 'oui' l'instant venu, ce que permet la réforme de l'apprentissage (ndlr : qui élève l'âge maximal d'entrée en apprentissage, de 26 à 30 ans)."

Une campagne qui promet d'être virale

Les sites Topito et MinuteBuzz, ainsi que les youtubeurs Pierre Croce et Amixem sont partenaires de cette campagne gouvernementale hors-normes. Six mois de travail ont été nécessaires à son élaboration, en concertation avec les acteurs de la formation.

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