Étude

Les patrons des petites entreprises de plus en plus confrontés au chômage

Le 29/08/2023
par Cécile Vicini
Les secteurs de la construction, de la restauration et de la coiffure sont les plus touchés. Ces conclusions, issues de l’Observatoire de l'emploi des entrepreneurs, ont été présentées par le Medef qui organisait des rencontres ce lundi 28 août à Paris.
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25.296 chefs d'entreprise ont perdu leur emploi au cours des six premiers mois de l’année, soit +36% sur une seule année. Désormais, le nombre de chefs d’entreprises concernés retrouve son niveau d’avant-pandémie.

Parallèlement, le nombre de jeunes dirigeants de moins de 26 ans ayant perdu leur emploi a augmenté de 40%, et celui des entrepreneurs âgés de 26 à 30 ans de 43%.

→ À titre de comparaison, le chômage touche en moyenne les entrepreneurs vers l’âge de 46 ans, lorsque leur carrière est bien amorcée.

Cette étude, menée par l’association GSC (Garantie sociale des chefs d’entreprise) et Altarès, présente un constat sans équivoque : les grands secteurs d’activité sont en souffrance, crises successives obligent, et ce sont les plus petites entreprises qui en pâtissent.

« Alors que l'inflation, la hausse des coûts des matières premières, des taux d'intérêt, l'épuisement des carnets de commandes et le remboursement des PGE (prêts garantis par l'État) fragilisent les chefs d'entreprise, il est plus important que jamais de les accompagner pour qu'ils puissent sécuriser leur trajectoire professionnelle », a précisé Anthony Streicher, président de l'association GSC.

Les TPE et les jeunes entrepreneurs sont particulièrement vulnérables (moins de 5 employés et un chiffre d'affaires inférieur à 500.000 euros par an), représentent l’immense majorité de ces chiffres (9 pertes d’emploi sur 10).

Les secteurs les plus touchés sont :

  • La construction ;
  • La restauration ;
  • Les services à la personne (coiffure, soins de beauté, commerce de détail compris).

D’autres secteurs habituellement épargnés sont également impactés comme les courtiers, les dentistes, les sages-femmes et les infirmiers.

Un constat accentué en Île-de-France

L'Île-de-France est la région qui a enregistré le plus grand nombre de pertes d'emploi, avec 5.468 personnes.

Suivent les régions :

  • Auvergne-Rhône-Alpes,
  • Occitanie,
  • Nouvelle Aquitaine.

Des patrons sans filet de sécurité

Alors comment expliquer ces chiffres alarmants ?

Parmi les causes de cette hausse à deux chiffres, on peut citer l’inflation, la hausse des taux d’intérêt sur les emprunts bancaires, ou encore les dettes qui ont été contractées pour faire face à la crise sanitaire (notamment les PGE – Prêts Garantis par l’État).

D’après les prévisions de l’Observatoire, le nombre de chefs d’entreprise sans emploi pourrait dépasser le niveau d’avant la crise sanitaire d’ici la fin 2023, établi à 60.000.

Face à ces conclusions, le président de l’association GSC, Anthony Streicher, a déploré dans les colonnes de nos confrères du Parisien, le peu de dirigeants souscrivant à une assurance chômage :

« Moins de 1 % des chefs d’entreprise ont mis en place un plan B. C’est-à-dire qu’ils disposent d’une assurance chômage ou d’un bas de laine. Pour la quasi-totalité, soit 140 patrons par jour, ils se retrouvent sans rien pour vivre ».

En cause, le manque d’information et le coût de ces assurances. « Le problème, c'est le manque d’information. À tous les niveaux, sur France Travail, dans les banques, chez les experts-comptables, il faut que l’information circule », a-t-il complété.

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